DeepSeek derrière le financement de l'IA : Alibaba à gauche, Tencent à droite
L'épisode du financement de DeepSeek a révélé les stratégies AI divergentes des géants chinois de la tech. Alors que la start-up visait une levée de fonds indépendante, Alibaba et Tencent ont abordé les négociations avec des logiques opposées.
Alibaba, dont l'ADN est le contrôle et la fermeture d'écosystème (e-commerce, cloud), cherchait à intégrer profondément le modèle de DeepSeek dans ses propres services (Taobao, AliCloud), quitte à en faire un outil sur mesure. Cette approche "d'achat et de verrouillage" a conduit à son retrait des pourparlers, DeepSeek refusant de sacrifier son indépendance et sa vocation générale.
À l'inverse, Tencent, habitué aux investissements ouverts et non contraignants (comme avec JD.com ou Meituan), a proposé une participation financière minoritaire sans exigence d'exclusivité ou de contrôle technique. Sa stratégie est d'utiliser l'AI externe comme un "lubrifiant" pour ses scénarios sociaux et de contenu existants, notamment via WeChat, son super-application.
Un troisième acteur, ByteDance, suit une voie distincte : un développement interne massif (modèle Doubao) avec des investissements colossaux visant à capturer l'entrée utilisateur (To C), plutôt que d'investir dans des acteurs externes.
Ces choix reflètent les héritages et les atouts de chacun : le contrôle et l'infrastructure B2B pour Alibaba, l'ouverture et le flux d'utilisateurs C2C pour Tencent, et la course à l'adoption utilisateur pour ByteDance. À moyen terme, une concurrence décalée semble se profiler : Alibaba dominant sur l'infrastructure et le B2B, Tencent intégrant l'AI dans les scénarios sociaux, et ByteDance se battant pour l'entrée utilisateur autonome. Le retrait d'Alibaba et l'intérêt de Tencent pour DeepSeek symbolisent moins un différend sur la valorisation que l'illustration de deux philosophies commerciales antagonistes face à l'IA.
marsbit05/18 04:48