Pourquoi le Bitcoin a-t-il pu augmenter contre la tendance malgré les turbulences ?
Lorsque les marchés ont l'habitude de classer le Bitcoin comme un « actif risqué », la récente flambée des prix déclenchée par le conflit iranien a envoyé un signal contraire : alors que les actifs traditionnels chutaient et que les valeurs refuges échouaient, le Bitcoin s'est renforcé. Matt Hougan, CIO de Bitwise, propose un cadre explicatif : le Bitcoin n'est pas un actif unique, mais un « pari superposé ». D'une part, il rivalise avec l'or comme réserve de valeur ; d'autre part, il parie, avec une faible probabilité mais un potentiel de gain élevé, sur son adoption en tant que monnaie mondiale véritable.
Auparavant, cette seconde logique semblait lointaine. Mais avec la « weaponization » croissante du système financier (comme les sanctions SWIFT contre la Russie), cette hypothèse devient plus tangible. L'Iran a même annoncé accepter les paiements en Bitcoin pour les droits de passage maritime dans le détroit d'Ormuz.
Ce contexte géopolitique modifie la logique de valorisation du Bitcoin. Il ne dépend plus seulement de la liquidité ou de l'appétit pour le risque, mais commence aussi à évaluer « l'incertitude du système monétaire mondial ». Le conflit augmente la probabilité que sa « propriété monétaire » se réalise et amplifie la volatilité du système financier mondial, rouvrant ainsi son potentiel de hausse.
Si le récit des cinq dernières années était « l'or numérique », un double rôle émerge désormais : outil de stockage de valeur et média d'échange potentiellement dépolitisé. Si cette structure se confirme, son marché potentiel pourrait dépasser les 38 000 milliards de dollars représentés par l'or.
marsbitHier 20:36