Auteur : Bu Shuqing, Wall Street News
Les marchés boursiers américains auront du mal à atteindre de nouveaux sommets à court terme, les capitaux s'écoulant des actions de semi-conducteurs, les plus performantes cette année, vers les fournisseurs d'hypercloud d'IA (hyperscalers).
Michael Wilson, stratège en chef des actions chez Morgan Stanley, souligne dans son dernier rapport que l'élan du secteur des semi-conducteurs s'estompe et que les investisseurs se tournent désormais vers les géants des supercalculateurs d'IA, qui ont sous-performé cette année, notamment Microsoft, Amazon et Meta.
Il estime que cette rotation se produit dans un contexte de faiblesse générale et de volatilité des marchés boursiers, et que les indices majeurs resteront sous pression. Wilson maintient par ailleurs son objectif de fin d'année pour le S&P 500 à 8000 points, ce qui représente encore une hausse potentielle d'environ 7 % par rapport aux niveaux actuels.
L'impact direct de cette analyse sur le marché est le suivant : les actions de puces, qui ont mené la hausse de l'IA jusqu'à présent, font face à des pressions sur leur valorisation, tandis que les géants des hyperscalers, forts de leurs activités fondamentales solides, pourraient devenir le nouveau refuge des capitaux. Dans le même temps, Mislav Matejka, stratège chez JPMorgan, partage un point de vue similaire, estimant que la dynamique haussière du marché se propagera au-delà du secteur technologique au second semestre.
L'élan des semi-conducteurs s'essouffle, la pression sur les valorisations apparaît
L'indice des semi-conducteurs de Philadelphie (SOX) a chuté de près de 14 % depuis son pic historique le mois dernier, les inquiétudes concernant une bulle de valorisation continuant de s'intensifier. Malgré cela, l'indice a tout de même progressé de 123 % depuis septembre dernier, ce qui témoigne de l'ampleur de la hausse précédente.

La publication par Micron Technology le mois dernier de prévisions de ventes supérieures aux attentes n'a pas réussi à soutenir durablement la hausse des actions de semi-conducteurs, confirmant l'affaiblissement de l'élan du secteur. Les investisseurs attendent désormais les déclarations de sociétés comme Nvidia pour obtenir plus d'indices sur la demande de puces d'IA.
Wilson souligne que la perte d'élan affecte des sociétés dont le poids dans les indices est important, ce qui maintiendra les principaux indices américains sous pression à court terme. L'indice S&P 500 a progressivement reculé depuis son sommet de début juin.
Les géants de l'hypercloud : une valeur refuge dans l'écosystème de l'IA
Wilson déclare qu'il préfère actuellement les géants de l'hypercloud aux actions liées aux semi-conducteurs. Il estime que des sociétés comme Microsoft, Amazon et Meta présentent un attrait dans l'écosystème de l'IA, notamment parce que leurs activités fondamentales solides offrent un soutien robuste.
En revanche, selon les données de Bloomberg, le panier d'actions des géants de l'hypercloud compilé par UBS Group a chuté de 2 % depuis septembre dernier, ce qui contraste fortement avec la hausse du secteur des semi-conducteurs et suggère un espace de rattrapage relatif pour ce groupe.
Cependant, Wilson anticipe également que les géants de l'hypercloud pourraient commencer à revoir à la baisse leurs prévisions de dépenses en capital, en réponse aux inquiétudes récentes du marché concernant des investissements excessifs dans l'IA. Les perspectives de dépenses en capital deviendront un sujet central d'attention pour les investisseurs dans la prochaine phase.
La rotation s'élargit, des opportunités hors technologie apparaissent
La logique de rotation de Wilson ne se limite pas au secteur de l'hypercloud. Il est également optimiste quant aux perspectives des secteurs de la consommation discrétionnaire, des transports et des biotechnologies pour bénéficier des sorties de capitaux du secteur des semi-conducteurs.
Le stratège de JPMorgan, Mislav Matejka, partage le point de vue de Wilson, estimant que la dynamique haussière du marché s'étendra au-delà du secteur technologique au second semestre. "L'IA ne sera probablement pas la seule histoire sur les marchés", écrit Matejka dans son rapport de recherche.
Il convient de noter que Wilson avait précédemment prédit avec précision que les marchés boursiers américains resteraient résilients face aux risques géopolitiques grâce aux bénéfices solides des entreprises, ce qui ajoute une certaine crédibilité à son analyse actuelle. Son objectif de fin d'année pour le S&P 500 à 8000 points implique une hausse potentielle d'environ 7 % par rapport aux niveaux actuels, mais les risques de volatilité à court terme ne doivent pas être négligés.








