700 milliards de dollars investis dans l'IA, les Américains goûtent d'abord à l'amertume de l'inflation
Le 1er avril, des économistes de la Fed de Saint-Louis ont publié une analyse soulignant que l'optimisme autour de l'IA est lui-même un facteur d'inflation. Les ménages et les entreprises, anticipant des gains futurs de productivité, augmentent leurs dépenses et investissements immédiats, créant une forte pression sur la demande.
Les investissements dans l'IA atteignent des niveaux sans précédent. En 2026, Amazon, Google, Microsoft, Meta et Oracle prévoient des dépenses d'investissement combinées avoisinant 700 milliards de dollars, soit une multiplication par quatre en quatre ans.
Une part importante de ces fonds est consacrée à la construction de centres de données, extrêmement gourmands en électricité. Des projets comme Stargate (10 GW) consommeront bien plus que des États entiers comme le Vermont. La demande électrique des data centers aux États-Unis, qui représentait plus de 4 % de la consommation nationale en 2024, devrait tripler d'ici 2030, mettant le réseau sous tension.
Une expérience de la Deutsche Bank a même demandé à des modèles d'IA (dont Claude et ChatGPT-5.2) d'évaluer leur propre impact inflationniste. Tous ont attribué une probabilité significative (20-40%) à un effet inflationniste à court terme, citant la demande en semi-conducteurs et en énergie, et seulement 5% à un scénario déflationniste significatif.
La Fed de Saint-Louis modélise cela comme un "choc de nouvelles" (news shock). Si les gains de productivité se concrétisent, l'inflation pourrait être absorbée à long terme. Mais pour l'instant, les données sur la productivité (TFP) ne montrent aucune amélioration, tandis que l'inflation reste au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed. La course à l'IA crée donc un risque inflationniste à court terme, avec la possibilité d'un scénario stagflationniste si les promesses de productivité ne se matérialisent pas.
marsbit04/02 11:07