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Ces jeunes des petites villes qui étiquettent les grands modèles d'IA

À Datong, dans la province du Shanxi, des milliers de jeunes étiquettent des données pour nourrir les modèles d'IA. Ces "ouvriers du clic" travaillent dans d'immenses centres, effectuant un travail fastidieux de labellisation d'images (cadrage 2D/3D) pour l'entraînement des intelligences artificielles. Le travail, autrefois bien rémunéré, a vu ses tarifs chuter drastiquement, passant de 0,10 ¥ à 0,03-0,04 ¥ par cadre. La pression est intense : surveillance stricte, cadence élevée et taux d'erreur autorisé très faible (95-99% de précision requis). Certains gagnent à peine 30 ¥ pour une journée de travail. L'industrie s'étend également à l'annotation subjective (RLHF), où des employés, souvent sous-payés, doivent évaluer les réponses de l'IA sur leur "empathie" ou leur "chaleur", quantifiant des émotions humaines complexes. Même les diplômés d'universités prestigieuses (master requis) sont désormais attirés par ce travail, pour finalement se retrouver piégés dans des tâches aliénantes sans réelle progression. Le marché de l'annotation de données est en pleine croissance (prévu à 1171 milliards ¥ d'ici 2030), mais la richesse générée ne profite pas aux travailleurs de base, pris dans une structure en pyramide de sous-traitance qui les prive de la juste valeur de leur travail. Pire encore, l'IA qu'ils ont contribué à construire commence maintenant à les remplacer. Des entreprises comme Li Auto utilisent désormais des modèles capables d'automatiser en quelques heures un travail qui prenait auparavant un an à des milliers de personnes. Ces "serfs numériques" de l'ère moderne, essentiels mais invisibles, se retrouvent ainsi à nourrir la machine qui pourrait bien signer la fin de leur propre emploi.

marsbit04/07 04:46

Ces jeunes des petites villes qui étiquettent les grands modèles d'IA

marsbit04/07 04:46

Qui d'autre ne peut pas être distillé en compétence ?

Malheureusement, à notre époque, plus vous travaillez avec un dévouement total, plus vous risquez d'être "distillé" en une compétence (skill) remplaçable par l'IA. Le phénomène "同事.skill" a suscité une vive inquiétude, mais le plus alarmant est la recommandation selon laquelle la "qualité des matières premières" (c'est-à-dire les données des travailleurs) détermine la qualité du skill. Les employés les plus consciencieux—ceux qui rédigent des documents détaillés, expliquent leurs décisions par écrit et confient méticuleusement leurs connaissances aux systèmes—sont paradoxalement les plus facilement réduits à de simples données. L'article explore comment les outils de collaboration modernes (comme Feishu ou DingTalk) deviennent d'immenses bases de connaissances où le "contexte" humain (décisions, discussions, raisonnements) est capturé et stocké. Ce contexte est le carburant des IA, leur permettant de fonctionner avec précision. Les employés, en cherchant à être productifs et collaboratifs, "offrent" involontairement leur intelligence au système. Cette logique de distillation dépasse le cadre professionnel : des dérivés comme "ex.skill" ou "boss.skill" montrent comment les relations humaines sont réduites à de simples interfaces fonctionnelles (une relation "Je-Cela" selon Martin Buber), où la personne n'est plus qu'un objet utile dont on extrait une fonction spécifique. Cependant, l'IA ne peut capturer que les connaissances explicites (écrites, documentées), pas les connaissances tacites—l'intuition, l'expérience non formulée, le savoir-faire inné—décrites par le philosophe Michael Polanyi. Pire, lorsque les IA sont entraînées avec des données générées par d'autres IA (via ces skills), elles risquent le "model collapse" : les données deviennent de plus en plus médiocres et homogènes, comme une image qui perd en qualité à force d'être copiée ("emballage électronique"). Face à cela, des projets comme "anti-distill" tentent de polluer volontairement les données avec du bruit pour protéger le savoir humain essentiel. Mais la solution ultime réside peut-être dans la nature même : les humains sont des algorithmes vivants et en constante évolution. Un skill n'est qu'un instantané figé du passé, tandis que l'humain continue d'apprendre, de s'adapter et de créer—restant ainsi toujours un peu ahead of the machine.

marsbit04/05 03:48

Qui d'autre ne peut pas être distillé en compétence ?

marsbit04/05 03:48

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