Qui d'autre ne peut pas être distillé en compétence ?
Malheureusement, à notre époque, plus vous travaillez avec un dévouement total, plus vous risquez d'être "distillé" en une compétence (skill) remplaçable par l'IA. Le phénomène "同事.skill" a suscité une vive inquiétude, mais le plus alarmant est la recommandation selon laquelle la "qualité des matières premières" (c'est-à-dire les données des travailleurs) détermine la qualité du skill. Les employés les plus consciencieux—ceux qui rédigent des documents détaillés, expliquent leurs décisions par écrit et confient méticuleusement leurs connaissances aux systèmes—sont paradoxalement les plus facilement réduits à de simples données.
L'article explore comment les outils de collaboration modernes (comme Feishu ou DingTalk) deviennent d'immenses bases de connaissances où le "contexte" humain (décisions, discussions, raisonnements) est capturé et stocké. Ce contexte est le carburant des IA, leur permettant de fonctionner avec précision. Les employés, en cherchant à être productifs et collaboratifs, "offrent" involontairement leur intelligence au système.
Cette logique de distillation dépasse le cadre professionnel : des dérivés comme "ex.skill" ou "boss.skill" montrent comment les relations humaines sont réduites à de simples interfaces fonctionnelles (une relation "Je-Cela" selon Martin Buber), où la personne n'est plus qu'un objet utile dont on extrait une fonction spécifique.
Cependant, l'IA ne peut capturer que les connaissances explicites (écrites, documentées), pas les connaissances tacites—l'intuition, l'expérience non formulée, le savoir-faire inné—décrites par le philosophe Michael Polanyi. Pire, lorsque les IA sont entraînées avec des données générées par d'autres IA (via ces skills), elles risquent le "model collapse" : les données deviennent de plus en plus médiocres et homogènes, comme une image qui perd en qualité à force d'être copiée ("emballage électronique").
Face à cela, des projets comme "anti-distill" tentent de polluer volontairement les données avec du bruit pour protéger le savoir humain essentiel. Mais la solution ultime réside peut-être dans la nature même : les humains sont des algorithmes vivants et en constante évolution. Un skill n'est qu'un instantané figé du passé, tandis que l'humain continue d'apprendre, de s'adapter et de créer—restant ainsi toujours un peu ahead of the machine.
marsbit04/05 03:48