Stripe, évalué à 160 milliards de dollars, pourquoi ne pas entrer en bourse ?
Au cours des deux dernières semaines, Stripe, le géant des paiements, a annoncé une offre de rachat (Tender Offer) valorisant l'entreprise à 159 milliards de dollars, tandis que Plaid a réalisé une opération similaire à 8 milliards de dollars. Ces événements illustrent une transformation structurelle dans la façon dont les entreprises se financent et offrent des liquidités, en privilégiant les transactions privées plutôt qu'une introduction en bourse traditionnelle.
Stripe, fondé en 2010, a connu une croissance exponentielle, avec un volume de transactions de 1 900 milliards de dollars en 2025. Plaid, infrastructure financière clé aux États-Unis, devrait générer 430 millions de dollars de revenus cette année. Les offres de rachat permettent aux investisseurs d'acheter des actions directement aux employés et aux actionnaires initiaux sans dilution ni contraintes réglementaires d’IPO.
Cette tendance s’observe aussi chez Anthropic et Revolut. Le marché secondaire privé a atteint 240 milliards de dollars en 2025, dépassant les fonds levés via les IPO traditionnelles (140 milliards). Les entreprises attendent en moyenne 16 ans avant de s’introduire en bourse, contre 12 ans il y a une décennie.
De nouvelles infrastructures de marché capitalisent sur ce mouvement, comme les plateformes de transactions secondaires (Forge, EquityZen), tandis que Robinhood ouvre l’accès aux investisseurs particuliers via des fonds cotés. Cependant, ces dispositifs présentent des risques : complexité structurelle, manque de transparence des valorisations et volatilité.
Malgré un rebond des IPO en 2025, beaucoup d’entreprises peinent à atteindre leurs valorisations espérées. Dans un contexte géopolitique incertain, les offres de rachat restent une voie privilégiée, profitant de la liquidité abondante des marchés privés.
marsbit03/11 07:25