L'« esprit de jeu » des Coréens, en réalité un produit de la vie qui les pousse
Le « penchant pour le jeu » des Coréens est en réalité une réponse à des contraintes structurelles. Malgré un niveau de vie élevé, les Coréens se sentent limités dans leurs choix, notamment en raison d’objectifs de vie – emploi stable, logement – de plus en plus conditionnés par les prix des actifs.
Historiquement, la croissance sud-coréenne s’est construite sur le crédit, des entreprises aux ménages. Les politiques publiques, notamment dans l’immobilier, ont souvent utilisé l’allongement des prêts comme solution au coût du logement, normalisant l’endettement. Le système de caution *jeonse* amplifie encore cette exposition.
Récemment, les autorités ont autorisé les ETF à effet de levier sur actions individuelles, rendant accessible au grand public, via des applications mobiles, une exposition multipliée à des titres comme Samsung ou SK Hynix. La médiatisation des succès boursiers, comme les bonus spectaculaires chez SK Hynix, a créé une pression sociale pour participer à cette dynamique, faisant du levier un outil perçu comme nécessaire pour « rattraper » les autres.
Cependant, cette culture du levier, encouragée par un environnement institutionnel, expose les ménages à des risques importants, comme l’a montré la chute brutale des marchés en juillet 2026. Les investissements à risque se sont aussi étendus aux cryptomonnaies, à l’or ou aux actifs en dollars.
Ainsi, le comportement souvent qualifié de « spéculatif » est moins un trait culturel qu’une adaptation à un système où la réussite sociale passe de plus en plus par la prise de risque financier. Le levier permet d’entrer plus tôt sur le marché, mais ne garantit en rien la réalisation des gains futurs.
marsbitIl y a 11 mins