Le SEC freine d’urgence le « tokenisation des actions américaines » au dernier moment
Le 22 mai, la SEC américaine a décidé de reporter le projet de "dérogation à l'innovation", un cadre qui aurait permis aux plateformes crypto de proposer aux États-Unis des jetons indexés sur le prix des actions américaines sans l'autorisation des entreprises concernées.
Cette dérogation controversée aurait légalisé le modèle dit de "third-party rebasing", déjà utilisé à l'étranger par des acteurs comme xStocks et Robinhood, permettant de négocier des versions synthétiques d'actions sur des blockchains publiques. Le principal point de friction réside dans l'absence de lien juridique avec les entreprises dont les actions sont répliquées, posant d'épineuses questions sur les droits des actionnaires (dividendes, votes) et le respect des sanctions.
Parallèlement, une autre voie de tokenisation, déjà approuvée par la SEC pour le Nasdaq et le NYSE, repose sur l'infrastructure traditionnelle du DTCC et préserve tous les droits des actionnaires. Cette approche est soutenue par les grandes bourses traditionnelles, qui voient d'un mauvais œil la création d'un "marché gris" parallèle et moins régulé.
Une intense campagne de lobbying de la World Federation of Exchanges, ainsi que des divisions internes à la SEC sur la portée de la dérogation, ont conduit au report. La commissaire Hester Peirce a précisé que seule la tokenisation d'actifs sous-jacents existants était envisagée, excluant les purs produits synthétiques.
Cette décision est cruciale car elle déterminera si les États-Unis autoriseront un système à deux vitesses pour les actions tokenisées. Le report reflète les profondes inquiétudes réglementaires face à un actif nouveau, qui pourrait circuler massivement sans cadre juridique clair, et laisse ouverte la question de la future orientation politique américaine en la matière.
marsbit05/26 02:02