1,2 million de personnes font la queue pour faire faillite : la "montagne de dettes" de la Corée du Sud, enfin effondrée
En juillet 2026, le marché boursier sud-coréen a connu une chute vertigineuse, déclenchant à sept reprises le mécanisme d'interruption généralisée (« circuit breaker »), un phénomène extrême et rare. Le marché, dont la capitalisation avait dépassé 5 000 milliards de dollars, s'est effondré sous le poids d'une structure déformée dominée par deux géants des semi-conducteurs, Samsung Electronics et SK Hynix, qui représentaient à eux seuls 60 % de l'indice KOSPI.
La bulle s'est formée dans un contexte de fièvre spéculative nationale alimentée par l'essor de l'IA. De nombreux jeunes, confrontés à l'immobilier inabordable et à une société rigide, ont vu dans le marché boursier, et particulièrement dans les actions du secteur des semi-conducteurs, une chance unique de s'enrichir rapidement. Pour amplifier les gains, ils se sont massivement tournés vers des ETF à effet de levier sur les titres individuels de Samsung et SK Hynix, autorisés par une réforme réglementaire en avril 2026.
L'étincelle a été la rumeur d'un surplus de capacité des puces mémoire HBM, faisant chuter les cours des deux leaders. Les ETF à levier, avec leur mécanisme de rééquilibrage quotidien, ont alors amplifié mécaniquement la chute : pour maintenir un levier constant, ils ont dû vendre massivement, déclenchant des liquidations forcées en cascade chez les investisseurs marginés. Cette spirale infernale a conduit à des krachs en série.
Les conséquences sont désastreuses : plus de 1,2 million de comptes d'investisseurs particuliers ont frôlé ou subi une liquidation forcée, avec des pertes totales estimées à environ 2 150 milliards de wons. Les jeunes de 20 à 30 ans, qui représentaient 62 % des comptes liquidés, sont les plus durement touchés. Les autorités, reconnaissant l'échec d'une régulation trop tardive, ont suspendu l'approbation de nouveaux ETF à levier sur titres uniques.
Cette crise illustre les dangers d'un marché excessivement concentré et d'une innovation financière mal maîtrisée, lorsque la frénésie spéculative collective l'emporte sur la raison et que le régulateur peine à anticiper les risques systémiques.
marsbit07/20 11:44