La Corée s’enrichit, les États-Unis changent de ton
Les États-Unis ont intenté un procès antitrust contre les fabricants sud-coréens de mémoire Samsung et SK Hynix, ainsi que contre l'américain Micron, les accusant d'avoir artificiellement fait grimper les prix de la DRAM de 700%. Cette action survient alors que la Corée du Sud, grâce à sa domination sur le marché crucial de la mémoire HBM (High-Bandwidth Memory) essentielle à l'IA, capte 35% des profits mondiaux de l'IA, derrière les États-Unis (49%).
L'affaire dépasse une simple plainte sur les prix. Elle reflète la tension stratégique autour des ressources clés de l'ère de l'IA. Les GPU de Nvidia, leader américain, dépendent étroitement des puces HBM sud-coréennes. Alors que la demande explose, la conversion des capacités de production vers la HBM, plus rentable, réduit l'offre en mémoire classique, faisant flamber les prix.
En réponse à la pression américaine, la Corée du Sud a annoncé un plan massif d'investissement (800 billions de wons) pour renforcer sa production de semi-conducteurs, visant à conserver son avance. Les États-Unis, de leur côté, soutiennent Micron pour rapatrier une partie de la fabrication. Le procès apparaît ainsi comme un outil de pression pour ralentir les géants coréens et gagner du temps.
Ce conflit juridique marque probablement le début des rivalités géostratégiques pour le contrôle des infrastructures physiques de l'IA (GPU, HBM, énergie), devenues les nouvelles ressources critiques, à l'image du pétrole ou de l'acier par le passé. L'interdépendance entre Nvidia et les fabricants coréens crée une relation à la fois symbiotique et conflictuelle, où la répartition des immenses profits reste un enjeu majeur.
marsbitIl y a 47 mins