Le USDe d’Ethena, une « synthétique dollar » en pleine croissance, contourne l’interdiction de rémunération imposée aux stablecoins par le GENIUS Act américain. Alors que cette loi interdit aux émetteurs de stablecoins de paiement (comme l’USDC) de verser des intérêts, le USDe, avec près de 6 milliards de dollars d’encours, fonctionne différemment. Il ne repose pas sur des réserves fiduciaires, mais sur une stratégie de produits dérivés neutres en delta, générant un rendement (environ 4% en début 2026) via les financements positifs des contrats perpétuels. Cette structure le place dans un vide réglementaire : il n’est pas défini comme un stablecoin de paiement et échappe ainsi à la réglementation. Ethena propose d’ailleurs aussi un stablecoin conforme, l’USDtb. Le modèle présente des risques, notamment lors de périodes prolongées de financements négatifs ou de déléveragages brutaux, comme brièvement observé en octobre 2025. Les régulateurs sont divisés : l’Allemagne (BaFin) l’a interdit, le jugeant non conforme, tandis que des gestionnaires d’actifs américains comme Janus Henderson l’intègrent. Le débat réglementaire crucial reste ouvert : faut-il créer une nouvelle catégorie pour ces « dollars synthétiques » ou laisser les rendements migrer hors des cadres existants ?
Foresight News22天前




