Le modèle multionique GeneLLM, développé par la start-up chinoise Jindu Bio (fondée par quatre diplômés d'Oxford), constitue une avancée majeure pour l'IA dans les sciences de la vie. Présenté comme le « DeepSeek chinois de la biologie », il est le premier grand modèle à être pré-entraîné directement sur des données multi-omiques brutes (transcriptomiques, protéomiques, métabolomiques), sans s'appuyer sur des annotations génétiques préétablies. Inspiré par le principe de prédiction du *token* suivant des LLM, GeneLLM prédit la prochaine base d'un ARN à partir de fragments de séquençage, apprenant ainsi directement le « langage » de la vie. Ses applications potentielles couvrent la découverte de médicaments, la médecine de précision (avec une efficacité maintenue à un coût réduit de 83%) et la biologie synthétique. Au-delà du modèle, Jindu Bio construit une infrastructure complète, BioFord Harness, pour connecter l'IA au monde physique du laboratoire. Cette plateforme intègre des agents intelligents pour la recherche documentaire, la conception d'expériences, la programmation automatisée d'instruments et l'analyse des données. Elle vise à créer une boucle fermée (Design-Build-Test-Learn) où chaque expérience, réussie ou non, enrichit le système. Cette approche "lévière", centrée sur l'infrastructure de "dernier kilomètre" entre l'IA et l'expérimentation, diffère des stratégies de modèles purement numériques ou des usines robotisées lourdes. Après avoir levé quatre tours de financement en 2025, l'ambition de Jindu Bio est de définir un nouveau paradigme pour la recherche en sciences de la vie à l'ère de l'IA.
marsbit18天前
