Qui décide des règles du Bitcoin ? Le BIP-110 déclenche un conflit de gouvernance
L’article aborde la controverse soulevée par la proposition BIP-110, qui vise à réduire temporairement la capacité d’enregistrement de données non financières sur la blockchain Bitcoin via un soft fork.
La proposition, initiée par Dathon Ohm, prévoit d’imposer de nouvelles limites au niveau du consensus, notamment sur la taille des scripts et l’utilisation d’OP_RETURN. Elle est activable par un signal minier à 55% sur une période déterminée. Les partisans soutiennent que les inscriptions et les runes surchargent les nœuds et détournent Bitcoin de sa mission monétaire, notant que les politiques de relais par défaut (comme l’ajustement dans Bitcoin Core v30) sont devenues inefficaces face aux canaux privés vers les mineurs.
Les opposants, dont Michael Saylor et Adam Back, critiquent fermement l’approche. Saylor y voit un précédent de gouvernance dangereux, avec un seuil d’activation trop bas (55% contre 95% pour BIP-9) et des risques de division de la chaîne. Adam Back défend le principe d’un réseau sans permission, où la lenteur du consensus technique agit comme un système immunitaire contre les modifications non éprouvées. Techniquement, des experts comme Martin Habovštiak montrent que le stockage arbitraire de données pourrait contourner ces restrictions, tandis qu’un client alternatif comme DOG Mode pourrait les neutraliser au niveau du relais.
Le débat révèle des tensions plus profondes sur la gouvernance de Bitcoin : les mineurs (divisés, avec des positions variées chez Ocean, Foundry et F2Pool), les opérateurs de nœuds (comme Bitcoin Knots) qui défendent leur souveraineté, les mainteneurs du code, et désormais des acteurs économiques majeurs comme MicroStrategy, dont les réserves de BTC influencent le récit. Un bug potentiel (BlockSlop) lié à l’activation tardive de BIP-110 a également été révélé, ajoutant un risque technique.
En définitive, BIP-110 sert de test de pression pour la gouvernance bitcoin, opposant une vision interventionniste visant à préserver la fonction monétaire du réseau à une vision neutraliste défendant son ouverture et son processus de consensus prudent. La question centrale reste : qui a le pouvoir de décider ce qu’est Bitcoin ?
marsbitIl y a 3 h