Une fois l'effervescence autour des cryptomonnaies retombée, que veut vraiment Wall Street ?
Lorsque la frénésie autour des cryptomonnaies s’est dissipée, Wall Street a clairement montré ce qu’elle cherchait vraiment : non pas des récits de décentralisation, mais une infrastructure financière contrôlable, génératrice de rendements et conforme à la réglementation, construite sur des registres distribués.
Le mouvement est mené par des acteurs comme BlackRock et Securitize. Le fonds BUIDL de BlackRock, un fonds de bons du Trésor américains à court terme tokenisés, a atteint une taille stable de 25 à 28 milliards de dollars, devenant un actif refuge sur la chaîne. Securitize, valorisé à 12,5 milliards de dollars, s’apprête à être coté au NYSE, qui prévoit de construire avec lui un système de règlement et de compensation d’actions fonctionnant 24h/24 sur une blockchain.
Parallèlement, des produits structurés comme le futur ETF BITA de BlackRock transforment la volatilité du Bitcoin en un revenu stable, en vendant systématiquement des options d’achat couvertes sur son propre ETF spot IBIT. Ce mécanisme convertit un actif spéculatif en un produit de revenu standardisé, attirant ainsi les investisseurs institutionnels prudents.
Dans le domaine des paiements, les stablecoins sont repensés comme de purs outils de transaction. Des entreprises comme Stripe et Mastercard intègrent des stablecoins conformes (USDC, PYUSD) pour permettre des règlements transfrontaliers instantanés et réduire les fonds gelés dans le système bancaire traditionnel. La législation GENIUS de 2025 a conforté ce modèle en interdisant les dividendes sur les stablecoins et en renforçant la surveillance du blanchiment d'argent.
En résumé, Wall Street adopte la technologie blockchain pour reproduire et améliorer ses propres systèmes : titres traditionnels tokenisés, produits de revenu dérivés, et réseaux de paiement efficaces. L’objectif n’est pas de remplacer la finance traditionnelle, mais de la rendre plus efficace, plus liquide et entièrement intégrée au crédit souverain du dollar.
marsbitIl y a 5 h