Anthropic envisage-t-elle d’arrêter l’entraînement par crainte de l’évolution autonome de l’IA ?
En mai 2026, le cofondateur d'Anthropic, Jack Clark, estime à 60 % la probabilité d'une amélioration autorécursive (RSI) de l'IA d'ici fin 2028, suscitant des avertissements alarmés sur les risques. Un mois plus tard, Anthropic publie l'article *When AI builds itself*, révélant des données internes montrant une accélération rapide : Claude écrit plus de 80 % du code fusionné, et les gains de productivité des chercheurs sont multipliés par 4. L'article décrit trois scénarios futurs, jugeant la RSI complète "plausible".
Ce récit coïncide avec un changement de politique notable. Anthropic a révisé début 2026 son engagement à suspendre l'entraînement si les capacités dépassent le contrôle de sécurité, invoquant la concurrence. Parallèlement, le PDG de DeepMind, Demis Hassabis, avance ses prévisions sur l'IA générale (AGI) vers 2029 et admet utiliser un langage "délibérément provocateur" pour alerter le public.
Des experts externes offrent des interprétations contrastées des mêmes données. Certains mettent en garde contre des risques de type "Tchernobyl", d'autres évoquent une "auto-amélioration avec pertes" ou soulignent que l'IA automatise surtout les tâches ingrates, non le génie. La séquence des événements - révisions politiques, levées de fonds massives (portant la valorisation à 9650 milliards de dollars) et publications stratégiques - interroge sur le couplage entre signal technique et narration orientée vers le marché et la régulation.
En conclusion, Anthropic et d'autres leaders envoient un signal synchronisé sur l'accélération imminente de l'IA, mêlant données inquiétantes et rhétorique calibrée. Cette narration sert à la fois à refléter une tendance perçue, à influencer les décideurs et à naviguer les pressions commerciales, tout en maintenant une ambiguïté calculée sur la probabilité réelle d'une auto-évolution incontrôlée.
marsbit06/05 06:29