Sous le choc des prix pétroliers et de l'inflation, quel sera le premier pays à vendre la totalité de ses réserves d'or ?
En 2003, une panne de réseau électrique en Amérique du Nord a montré comment un système interconnecté peut s'effondrer soudainement par un effet domino. L'auteur applique cette métaphore au système financier mondial actuel, où le dollar et les bons du Trésor américain forment le « réseau principal ». La fermeture du détroit d'Ormuz, en faisant monter le prix du pétrole, exerce une pression sur les pays émergents dépendants des importations pétrolières, comme la Turquie. Pour obtenir des dollars et payer leur énergie, ces pays vendent leurs actifs en dollars, notamment les bons du Trésor américain et même leurs réserves d'or, comme l'a fait la Turquie en mars.
Si le prix du pétrole, actuellement entre 70 et 105 dollars le baril, devait atteindre 150 dollars, les tampons (stocks mondiaux, réserve stratégique américaine, réserves nationales) seraient épuisés. Les pays les plus vulnérables, n'ayant plus d'actifs à vendre, pourraient s'effondrer comme le Sri Lanka en 2022. Ces ventes forcées feraient aussi monter les taux d'intérêt américains, contraignant les États-Unis à imprimer massivement de la monnaie, alimentant l'inflation mondiale.
La thèse est que la fragilité du système apparaîtra d'abord en périphérie. La chute d'un pays déclencherait une réaction en chaîne de ventes de bons du Trésor et de peur, menant éventuellement à une crise de confiance dans le dollar. L'auteur conclut que les actifs tangibles comme l'or ou l'énergie, qui ne peuvent être créés numériquement, offrent une protection face à la dépréciation des monnaies papier.
marsbit06/17 07:34