Pas l'IA, ni la guerre : le plus grand risque pour le marché boursier américain serait-il le Japon ?
Le marché mondial sous-estime un risque systémique potentiel : le Japon. Alors que le yen atteint des plus bas de plusieurs décennies et que l'attrait des actifs nationaux augmente, le plus grand fonds de pension du monde, le GPIF (Government Pension Investment Fund), pourrait être poussé par des pressions politiques à rapatrier massivement ses actifs vers le Japon. Ce mouvement, s'il se concrétise, pourrait exercer une pression simultanée sur les marchés boursiers et obligataires américains ainsi que sur le dollar.
Le GPIF, qui gère environ 1 800 milliards de dollars, détient actuellement près de la moitié de ses actifs à l'étranger, soit environ 930 milliards de dollars. Un rééquilibrage même modeste de cette allocation vers les actifs japonais, comme les obligations d'État (JGB), stimulerait la demande de yen et introduirait des achats massifs sur le marché obligataire domestique. Pour les États-Unis, les conséquences seraient des taux d'intérêt plus élevés et un dollar affaibli. Parallèlement, le dénouement à grande échelle des trades de portage sur yen (yen carry trades) exercerait une pression supplémentaire sur les actifs risqués.
Cette possibilité de rapatriement est motivée par l'amélioration de l'attrait des actifs japonais : la reprise de l'inflation et de la croissance, ainsi que le rétrécissement de l'écart de rendement avec les Treasuries américains. Le yen faible (USD/JPY au plus haut depuis 1986) et la hausse du rendement des JGB à 10 ans (2,7%, un niveau inédit depuis 30 ans) accentuent cette dynamique.
Si le marché n'a pas encore pleinement intégré ce risque, certains signaux techniques, comme le rétrécissement du *cross-currency basis swap* dollar-yen, méritent une attention. Une anticipation accrue d'un renforcement du yen pourrait entraîner une forte demande de couverture sur le dollar, resserrant la liquidité et pesant sur les marchés.
À l'inverse, cette évolution pourrait bénéficier à la bourse japonaise, qui présente une valorisation inférieure de plus de 20% à celle du S&P 500 et qui est soutenue par des réformes de gouvernance d'entreprise. Cependant, pour les investisseurs étrangers, la faiblesse persistante du yen, qui érode les rendements, reste un obstacle majeur.
链捕手Il y a 2 jours 08:09