Micron a fait taire les baissiers, mais a aussi fait regretter le « Buffett indien » : une sortie prématurée lui a coûté 2 milliards de dollars
L'investisseur en valeur de renommée mondiale, Mohnish Pabrai, surnommé le « Buffett indien », a partagé l'une de ses erreurs les plus douloureuses lors d'une interview. Il avait investi dans Micron en 2017 et vendu sa position en 2023 après six ans, ne réalisant qu'un gain d'environ 100%. Cependant, dans les deux années suivant sa vente, l'action de Micron a été multipliée par plus de 15, ce qui lui a fait manquer des gains estimés à environ 20 milliards de dollars. Il a connu une situation similaire avec SK Hynix.
Pabrai avait pourtant une conviction forte : le marché mondial de la mémoire finirait par être dominé par trois acteurs – Samsung, SK Hynix et Micron –, une situation d'oligopole stable propice à des profits durables. Il avait même consulté Warren Buffett et Charlie Munger à ce sujet. Cependant, face à l'annonce d'une expansion de capacité par Samsung en 2023, il a estimé que la logique de l'offre était compromise et a vendu. Cette décision est intervenue juste avant l'explosion de la demande pour la mémoire haute bande passante (HBM), alimentée par l'IA.
Il admet avoir violé son propre principe de conserver à perpétuité les entreprises dotées d'un avantage concurrentiel durable. Réfléchissant à son erreur, il conseille aux investisseurs détenant déjà des actions de semi-conducteurs sud-coréens : « Si vous en détenez, ne vendez pas. La fête ne fait que commencer. »
Pabrai, célèbre pour avoir remporté un déjeuner avec Buffett en 2007, applique une méthode d'investissement rigoureuse basée sur une liste de contrôle de 213 points. Il en souligne trois essentiels pour les investisseurs individuels : éviter l'effet de levier, privilégier la durabilité de l'avantage concurrentiel (la « fosse aux ours ») et évaluer l'intégrité de la direction. Néanmoins, pour la grande majorité des gens, son conseil est simple : « Plus de 99 % des investisseurs devraient simplement acheter des fonds indiciels. »
Il conclut en partageant sa philosophie personnelle : la vraie perte n'est pas la richesse, mais le caractère. Son objectif ultime est de donner toute sa fortune avant sa mort.
marsbitIl y a 5 mins