Les marchés américains atteignent des sommets, alors pourquoi les consommateurs sont-ils de plus en plus pessimistes ?
Malgré les records successifs du marché boursier américain, le sentiment des consommateurs atteint des niveaux historiquement bas. Cet écart apparent s'explique par une division structurelle croissante de l'économie, qualifiée de "K-shaped".
Premièrement, l'enquête sur la confiance des consommateurs de l'Université du Michigan pourrait être biaisée par un échantillon surreprésentant les démocrates, généralement plus pessimistes. Cependant, le malaise est réel pour une partie de la population qui subit la pression de l'inflation passée sur les prix alimentaires et énergétiques, sans voir ses salaires suivre.
Le cœur du problème réside dans l'inégalité de l'exposition aux actifs. Environ 60% des Américains détiennent des actions, directement ou indirectement, et bénéficient de la hausse des marchés. Les 40% restants, sans investissements, se sentent davantage distancés. Ainsi, la vigueur apparente de la consommation agrégée est en réalité portée par le haut de la pyramide : les 10% des consommateurs les plus aisés contribuent désormais à près de 50% des dépenses. Les ménages modestes, majoritaires, voient leur part se réduire et leur situation se fragiliser.
Pour les investisseurs, cette faible confiance est historiquement un bon indicateur contraire, annonciatrice de rendements boursiers solides à un an. Mais cette dynamique perpétue le clivage : les facteurs qui alimentent la hausse des actifs financiers (détenus par les plus riches) accentuent simultanément les pressions inflationnistes sur les budgets des ménages sans patrimoine. L'économie américaine montre une résilience de plus en plus concentrée, creusant le fossé entre les détenteurs d'actifs et les autres.
marsbit05/28 09:38