Le moment « iPhone » de l'intelligence incarnée est-il sur le point d'arriver ?
Les experts s'accordent à dire que l'intelligence incarnée, et en particulier la robotique humanoïde, en est encore à ses débuts, comparée à l'ère des premiers téléphones portables ("briques") et loin d'un "moment iPhone". La locomotion (le "cervelet") est maîtrisée, mais la prise de décision et la généralisation (le "cerveau") posent encore défi. Le principal goulot d'étranglement est le manque criant de données (un déficit de 200 fois par rapport au million nécessaire), cruciales pour l'entraînement des modèles comme les VLA (Vision-Language-Action) ou les modèles du monde. Sur le plan commercial, la rentabilité n'est pas encore au rendez-vous, les coûts dépassant largement ceux de la main-d'œuvre humaine.
Trois marchés potentiels se dessinent : celui de la valeur émotionnelle (divertissement, compagnie, estimé à des milliards), celui des services commerciaux (guidage, accueil, estimé à des centaines de milliards) et, à plus long terme, celui des tâches productives (usine, maison, estimé à des centaines de milliers de milliards). Les applications pourraient d'abord se développer via des robots non humanoïdes (comme les robots de livraison) pour des tâches plus simples. Les experts soulignent également l'importance cruciale de l'écosystème, notamment la collecte et le partage de données, et le besoin de modèles plus accessibles. Enfin, si l'IA générative est largement utilisée pour booster la productivité (code, recherche), les décisions critiques doivent rester humaines, l'IA présentant des risques de "tromperie" et de substitution cognitive. La route vers l'AGI physique est longue mais prometteuse.
marsbit07/14 05:20