Les stablecoins non libellés en dollars ont gagné la mauvaise bataille
Les stablecoins non libellés en dollars créent l'illusion d'un changement de l'ordre monétaire mondial, mais remplacer l'étiquette "dollar" ne suffit pas. La souveraineté monétaire repose sur trois couches : la **couche de valorisation** (la devise d'ancrage), la **couche de règlement** (les infrastructures par lesquelles transitent les fonds) et la **couche de gel** (qui détient le pouvoir de bloquer les transactions).
La majorité des stablecoins non-dollar ne remportent que la première couche – la plus visible mais la moins déterminante. La couche de règlement, qui inclut les réseaux bancaires, la liquidité et la conformité, reste souvent contrôlée par des acteurs traditionnels du système dollar. La couche de gel, elle, relève toujours de mécanismes de sanctions et de conformité internationaux largement influencés par les États-Unis.
L’exemple de l’Argentine illustre ce phénomène : face à une monnaie nationale affaiblie (inflation, perte de confiance), des solutions externes (comme le projet $LIBRA) émergent pour combler le vide, mais sans reprendre le contrôle des couches profondes.
En résumé, les stablecoins non-dollar diversifient l’expression monétaire, mais sans restructurer les rapports de pouvoir. La vraie bataille ne se joue pas sur le symbole, mais sur le contrôle des réseaux de règlement et de la souveraineté financière.
marsbit04/09 00:14