L'interdiction des modules optiques chinois pourrait d'abord affecter les États-Unis
La décision envisagée par l'administration Trump d'interdire les nouveaux modules optiques chinois aux États-Unis, révélée par Reuters début août, a immédiatement fait monter les actions d'entreprises américaines du secteur comme Applied Optoelectronics (+19,44%). Cette réaction illustre la tension entre le temps politique, rapide, et le temps physique, lent, nécessaire pour développer les capacités de production.
La mesure, qui ciblerait les nouveaux modèles via la FCC, reste floue dans ses définitions clés ("nouveau modèle", origine des produits, exemptions). Elle survient alors que les géants chinois comme Zhongji Innolight dominent le marché mondial (27% des parts) et dépendent fortement du marché américain (près de 62% de son chiffre d'affaires).
Les substituts américains, comme Applied Optoelectronics, Coherent et Lumentum, bénéficient de l'annonce mais ont des capacités limitées et des délais de livraison longs. Applied Optoelectronics a réalisé seulement 4,6 millions de dollars de revenus sur le 800G au premier trimestre. Les constructeurs américains souffrent également de pénuries de composants clés et de délais d'approvisionnement en électricité pour les data centers.
En parallèle, la Chine contrôle une partie de la chaîne d'approvisionnement en matières premières comme l'InP. Les fabricants chinois délocalisent déjà une partie de leur production vers la Thaïlande et explorent d'autres marchés (Moyen-Orient, Chine domestique). Cependant, le marché nord-américain, avec des dépenses en capital dépassant 700 milliards de dollars en 2026, reste incontournable.
Le paysage est donc interdépendant et complexe. L'impact final dépendra des détails de l'éventuel règlement (définitions, exemptions, période de transition). Le choc entre l'urgence politique et la réalité industrielle se jouera pleinement d'ici à 2028.
marsbitHier 02:38