La bataille pour le contrôle des rails entre dans sa deuxième mi-temps : les banques contre la cryptosphère, qui aura le dernier mot ?
Il y a trois mois, nous analysions comment les grandes banques adoptaient la blockchain via des consortiums privés (comme The Clearing House), cherchant à en garder le contrôle. Aujourd’hui, cette dynamique s’accélère et change d’échelle. Fin août 2026, quatre événements simultanés illustrent un basculement : la compétition autour de la tokenisation ne porte plus sur quels actifs sont numérisés, mais sur qui contrôle les infrastructures sous-jacentes (règlement, garde, licences).
D’abord, 39 associations bancaires d’États américains forment la « BankChain Alliance » pour lancer un réseau blockchain national détenu et gouverné par le secteur bancaire. Ensuite, des acteurs de l’infrastructure de marché traditionnelle – DTCC, ICE et Citadel Securities – explorent ou soutiennent des solutions onchain pour le règlement, la compensation et le market-making institutionnels. Parallèlement, la valeur des gardiens de crypto (comme Copper) s’effondre, tandis que ZeroHash renouvelle sa demande de licence bancaire auprès de l’OCC, signalant que la « garde régulée » devient l’avantage compétitif décisif. Enfin, le stablecoin USD1, émis par la banque fiduciaire agréée BitGo Bank & Trust, est déployé natif sur Canton, un réseau conçu pour la finance institutionnelle.
Ces développements montrent que les banques, les chambres de compensation et les teneurs de marché traditionnels revendiquent systématiquement les couches de règlement, de garde et de licence. Le pouvoir de définir les « rails » sur lesquels circuleront les actifs tokenisés bascule vers le système financier établi. Cela ne signifie pas la fin de la crypto, mais une division du travail : les chaînes publiques ouvertes resteront pour la DeFi et l’innovation, tandis que les réseaux permissionnés bancaires captureront les dépôts, les transactions inter-institutions et les actifs nécessitant confidentialité et responsabilité claire. L’enjeu n’est plus « si » un actif est tokenisé, mais « sur quels rails, contrôlés par qui, et garantis par quelle licence » il circule.
marsbitIl y a 55 mins