Le Premier ministre polonais a lié l'échec répété du pays à adopter des règles sur les cryptomonnaies à une affaire de fraude très médiatisée — une accusation qui a ajouté de l'urgence à un vote parlementaire qui avait déjà échoué deux fois auparavant.
Un scandale façonne le débat
Le Premier ministre Donald Tusk a pointé du doigt Zondacrypto, une plateforme d'échange de cryptomonnaies polonaise actuellement sous enquête du parquet pour fraude, comme preuve de ce qui se passe lorsque les protections des investisseurs ne sont pas en place.
Des milliers d'utilisateurs de la plateforme n'auraient pas pu accéder à leurs fonds, et Tusk a affirmé que la plateforme avait des liens avec le capital et l'influence russes remontant à ses premières années.
Il a soutenu que l'incapacité de la Pologne à finaliser un cadre réglementaire avait ralenti toute réponse officielle à la crise.
Le scandale de la plateforme a projeté une ombre longue sur la session de cette semaine du Sejm, la chambre basse du parlement polonais, où les députés ont débattu simultanément de quatre projets de loi distincts sur les cryptomonnaies.
Source : SEJM
Vendredi, ils ont approuvé le projet de loi soutenu par le gouvernement — numéroté 2529 et soutenu par le ministère des Finances — par un vote de 241 voix contre 200. C'était la troisième fois que le gouvernement poussait ce type de législation au parlement après que le président Karol Nawrocki ait opposé son veto à deux versions antérieures.
Le projet de loi approuvé confie de larges pouvoirs à l'Autorité de surveillance financière polonaise, connue sous le nom de KNF, pour surveiller les participants au marché des cryptomonnaies, imposer des sanctions administratives et bloquer des comptes et des transactions lorsque cela est jugé nécessaire.
Le Sejm a adopté la loi sur le marché des crypto-actifs. La loi donne à la Commission de surveillance financière les compétences pour contrôler les entités du marché, imposer des sanctions administratives et bloquer temporairement des comptes et des transactions. pic.twitter.com/WGzmTA8wez
— Sejm RP🇵🇱 (@KancelariaSejmu) 15 mai 2026
Les critiques soulignent des dispositions inchangées
Le résultat n'a pas été accueilli favorablement par toute la communauté des cryptomonnaies. Les acteurs du marché et les commentateurs ont noté que les dispositions sur le blocage des comptes et des transactions — les mêmes qui avaient motivé les vetos précédents de Nawrocki — restaient largement intactes dans le texte final. Des modifications proposées, telles qu'un contrôle judiciaire renforcé des mesures d'exécution, n'ont pas été incluses.
BTCUSD s'échange à 79 182 $ sur le graphique 24h : TradingView
Ces préoccupations n'étant pas résolues, de nombreux observateurs s'attendent à ce que le président oppose à nouveau son veto au projet de loi. Cette perspective inquiète les acteurs du secteur, car un troisième rejet approfondirait l'incertitude réglementaire à un moment particulièrement inopportun.
La Pologne est tenue d'aligner ses règles sur le Règlement de l'Union européenne sur les marchés des crypto-actifs, connu sous le nom de MiCA, avec des échéances de mise en œuvre approchant en juillet.
Quatre projets de loi, un seul résultat
Le vote est intervenu après que les députés aient examiné des propositions concurrentes provenant de quatre sources distinctes : le gouvernement, le président, le parti Confédération et un groupe parlementaire. Une commission a fusionné les textes avant le vote final, et la version gouvernementale a finalement prévalu.
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