Quelque chose se prépare clairement sous l'économie américaine. Par exemple, le retrait soudain par le président américain Donald Trump du tarif douanier de 10% sur l'Union européenne (UE) ressemble à plus qu'un simple mouvement aléatoire.
Alors, qu'est-ce qui l'a déclenché ? Comme l'a noté AMBCrypto, la hausse des rendements des Treasuries américains commence à exercer une pression sur le marché obligataire, ce que le gouvernement américain préférerait éviter, surtout à l'approche des élections de mi-mandat.
Cela dit, bien que cela puisse sembler haussier en surface, soutenu par un rebond de 1,20% du Bitcoin [BTC], une véritable rupture semble encore lointaine. Après tout, la pression ne fait que commencer, dans ce que les analystes appellent une « guerre des capitaux ».
La poussée de dé-dollarisation de l'Europe soulève de nouvelles inquiétudes
Le marché des Treasuries américains fait face à un choc sans précédent.
Pendant des années, les pays asiatiques et européens ont détenu des Treasuries américains pour en tirer un rendement, fournissant essentiellement des capitaux qui aident les États-Unis à financer leur dette. En fait, les seuls investisseurs européens détiennent près de 2 000 milliards de dollars de ces titres.
Cependant, cette tendance commence à changer. Dernièrement, les investisseurs étrangers ont commencé à se délester de leurs avoirs en Treasuries. Par exemple, l'exposition du Danemark aux Treasuries américains est tombée à 9 milliards de dollars, son niveau le plus bas depuis 14 ans.
Plus largement, la vente s'accélère. Selon les analystes, l'Europe a liquidé 150,2 milliards de dollars de Treasuries américains. Pendant ce temps, la Chine en a vendu 105,8 milliards de dollars, tandis que l'Inde s'est défaite de 56,2 milliards de dollars, atteignant des plus hauts de plusieurs années.
Dans ce contexte, le retrait des tarifs douaniers par le président Trump ressemble plus à une réponse à cette pression, car les ventes ont poussé les rendements à la hausse, le rendement à 30 ans bondissant près de 5%, suivi par une force sur toute la courbe.
Pourquoi est-ce important ? Le fardeau de la dette américaine croît rapidement. Environ 26 % de la dette fédérale de 39 000 milliards de dollars arrive à échéance dans les 12 prochains mois, et avec la hausse des rendements, le refinancement devient beaucoup plus coûteux.
Notamment, les analystes qualifient cela de « guerre des capitaux », alors que les investisseurs étrangers se retirent du financement de la dette américaine. Pour les actifs risqués, en particulier le Bitcoin, il semble que les investisseurs intègrent déjà les risques à long terme de ce conflit.
Le Bitcoin montre des signes de prudence alors que la confiance des investisseurs s'affaiblit
La volatilité macroéconomique continue de façonner le sentiment des investisseurs.
Le récent retrait des tarifs douaniers et la position « non hostile » du président Trump sur le Groenland ont déclenché un mouvement de prise de risque, injectant 50 milliards de dollars sur le marché, dont environ 60% ont afflué vers le Bitcoin, alimentant un momentum « mené par le BTC ».
Cela dit, l'indice de prime Coinbase (CPI) du Bitcoin reste à -0,1, signalant que les investisseurs américains sont encore prudents. En fait, l'indice est dans le rouge depuis le krach d'octobre, suggérant que la confiance n'est pas revenue.
Historiquement, les hausses du Bitcoin ont coïncidé avec un pic du CPI, ce qui en fait un indicateur clé. Actuellement, il montre qu'une hausse du BTC n'est pas encore intégrée dans les prix. Naturellement, la question est : qu'est-ce qui maintient la prudence des investisseurs américains ?
C'est là qu'intervient la récente vente de Treasuries. Avec la hausse simultanée des métaux et le retrait des investisseurs étrangers de la dette américaine, ces mouvements « coordonnés » montrent le stress qui s'accumule sous l'économie.
Pour les investisseurs, c'est un signe de rester en retrait alors que les obligations à haut rendement semblent plus attractives. En conséquence, les capitaux affluant vers le Bitcoin pourraient être limités, freinant son momentum jusqu'à ce qu'une confiance plus large revienne.
Les prévisions haussières sur l'or sont susceptibles de façonner la trajectoire du Bitcoin
Nous ne sommes même pas à un mois en 2026, et les préférences des investisseurs sont claires.
Avec le déficit américain sous pression et la vente continue de Treasuries, les métaux comme l'Or atteignent des records (en hausse de 12% jusqu'à présent) avec un objectif à court terme autour de 5 000 $ l'once, alors que les investisseurs cherchent une protection contre la hausse des rendements.
Pour le Bitcoin, cette rotation a déjà poussé le ratio BTC/Or à un plus bas de deux ans, tombant en dessous de 18 onces d'or pour la première fois depuis fin du quatrième trimestre 2023, soulignant comment les capitaux se déplacent vers les actifs refuges.
Cela dit, les analystes n'y voient que le début.
Par exemple, Goldman Sachs a « relevé » sa prévision de fin d'année pour l'or à 5 400 $ l'once, citant une demande croissante. Preuve en est : depuis l'invasion de l'Ukraine, la Russie a gagné plus de 216 milliards de dollars grâce à la hausse des prix de l'or.
Pendant ce temps, les importations d'argent de l'Inde ont bondi à un record de 5,9 milliards de dollars au cours des quatre derniers mois. En bref, les pays accumulent des métaux, un mouvement qui correspond à leur vente continue de Treasuries américains.
Techniquement, cela expose le ratio Bitcoin/Or à un risque de rupture plus profonde, alors que la pression macroéconomique continue de peser sur le sentiment et détourne les capitaux des actifs risqués vers les refuges, limitant le potentiel de rupture du BTC.
Dans ce contexte, garder un œil attentif sur les rendements des Treasuries américains est essentiel.
Réflexions finales
- La hausse des rendements des Treasuries et les ventes continues de l'Europe, de la Chine et de l'Inde alimentent un stress macroéconomique, poussant les investisseurs vers les actifs refuges.
- Ce changement limite le potentiel de rupture du Bitcoin, avec le ratio BTC/Or en danger et les rendements des Treasuries émergeant comme une métrique clé à surveiller.







