Une grande province du centre du pays s'est fait dépasser. Avec quoi va-t-elle briser la "différenciation en K" ?
Lors du « bilan semestriel » des grandes provinces économiques, le changement de classement entre l’Anhui et le Hunan est devenu un point marquant. Au premier semestre, le PIB de l’Anhui a augmenté de 5,6%, dépassant celui du Hunan et entrant dans le top 10 national ; pendant ce temps, la croissance du Hunan n’était que de 2,7%, ce qui a entraîné un recul dans le classement.
La clé de ce renversement réside dans la « divergence en K » des moteurs industriels des deux provinces. L’Anhui s’appuie sur l’innovation scientifique et technologique pour stimuler la fabrication de haute technologie, l’industrie et le commerce extérieur se soutenant mutuellement. En revanche, le Hunan est freiné par l’ajustement de ses industries traditionnelles, tandis que les nouvelles industries contribuent peu, aggravant les difficultés de transition.
Face à ce double défi de ralentissement de la croissance et de perte de position, le Hunan réagit. Récemment, les principaux dirigeants provinciaux ont mené des enquêtes intensives sur la mise à niveau industrielle. D’un côté, ils ont visité trois grands fabricants de machines de construction à Changsha, soulignant la nécessité d’accélérer la transformation des industries traditionnelles et de tirer parti des avantages des clusters industriels. De l’autre, ils se sont penchés sur des industries d’avenir comme l’intelligence incarnée et les technologies quantiques, afin de développer des clusters adaptés aux conditions locales.
L’écart entre les deux provinces s’explique principalement par la performance industrielle. L’Anhui affiche une croissance rapide de la valeur ajoutée industrielle, tirée par la fabrication de haute technologie. Le Hunan, quant à lui, dépend encore largement des industries traditionnelles, avec une croissance limitée des secteurs de haute technologie.
Pour le Hunan, le défi actuel est de gravir simultanément deux pentes : moderniser les industries traditionnelles tout en cultivant les nouvelles. La province mise notamment sur la modernisation de son secteur phare, les machines de construction, en l’intégrant à l’intelligence artificielle et en développant de nouveaux domaines comme les robots intelligents. Parallèlement, elle cherche à renforcer l’innovation dans des secteurs d’avenir (IA, technologies quantiques, ingénierie de la vie, matériaux de pointe) pour combler son retard en matière de nouvelles forces productives.
Malgré des ressources scientifiques et éducatives solides (trois universités de classe 985), le Hunan peine à transformer cette richesse en compétitivité industrielle. Les leçons des provinces voisines comme l’Anhui et le Hubei, qui ont réussi à concentrer leurs efforts sur des secteurs stratégiques et à créer un écosystème régional d’innovation, pourraient lui montrer la voie à suivre.
marsbitIl y a 56 mins