Du « trading des taux » au « trading de la dépréciation du dollar », la logique de la hausse de l'or a changé
L'or a connu un rebond impressionnant de 17% depuis août, mais selon UBS, le changement clé réside dans la logique sous-jacente : le marché est passé d'une logique traditionnelle de "trade des taux d'intérêt" à un "trade de dépréciation du dollar" (Debasement Trade).
L'analyse décrit un rebond en deux actes. Le premier acte, un rebond technique, a été alimenté par des positions spéculatives légères, une demande physique résiliente (notamment des achats de banques centrales comme celle de Chine) et des données économiques américaines plus faibles. Le deuxième acte, plus significatif, a été déclenché par l'annonce du Trésor américain de doubler ses rachats d'obligations à long terme, suscitant des inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire et la crédité de la dette. Cette inquiétude a affaibli la corrélation négative historique entre l'or et les taux.
La logique de valorisation de l'or évolue donc d'un "cadre de coût d'opportunité" (où des taux réels élevés pèsent sur l'or) vers un "cadre de crédit budgétaire". Désormais, même avec des taux réels élevés, l'or peut monter si ces taux reflètent un risque fiscal plutôt qu'une économie forte.
UBS maintient un avis haussier, relevant les risques à la hausse pour ses prévisions à long terme. La banque a révisé à la baisse son objectif de fin 2026 à 4675 $/oz, mais maintient ses scénarios ultérieurs, avec un objectif haussier pouvant atteindre 6500 $/oz. Le principal risque à court terme est une Fed plus hawkish, mais toute correction liée à des anticipations de resserrement serait considérée comme une opportunité d'achat plutôt qu'un renversement de tendance.
Les principaux catalyseurs haussiers supplémentaires seraient une accélération des achats des banques centrales, une demande asiatique soutenue, un dollar plus faible, ou des signes de ralentissement économique poussant la Fed à adopter une posture plus accommodante.
En résumé, lorsque l'or commence à être perçu comme une couverture contre les risques budgétaires et la dépréciation monétaire, plutôt que comme un simple actif lié aux taux ou à l'inflation, son rôle stratégique dans les portefeuilles change fondamentalement, ouvrant la voie à une réévaluation durable.
marsbitIl y a 36 mins