Une fois que les investissements en R&D ont rattrapé ceux des États-Unis, la concurrence sino-américaine sur les puces dépend-elle encore uniquement de l'argent ?
Selon le dernier rapport de la Semiconductor Industry Association (SIA), les investissements chinois en R&D auraient rattrapé voire légèrement dépassé ceux des États-Unis en 2024, en termes de parité de pouvoir d'achat (PPA). Cette comparaison indique que la Chine mobilise désormais une quantité de ressources similaire pour la recherche, mais les chiffres doivent être nuancés. En taux de change du marché, les investissements américains restent bien supérieurs.
La structure des dépenses diffère significativement. La Chine consacre plus de 80 % de son budget R&D au « développement expérimental », c'est-à-dire à l'ingénierie, à l'industrialisation et à l'amélioration des technologies existantes. En comparaison, les États-Unis allouent environ 15 % de leurs fonds à la recherche fondamentale, soit le double de la part chinoise (environ 7 %). Cela reflète des écosystèmes distincts : un système américain reposant sur des universités et des laboratoires nationaux pour l'exploration à long terme, et un système chinois où les entreprises, plus tournées vers le marché, jouent un rôle moteur.
Dans le secteur spécifique des semi-conducteurs, l'écart reste marqué. Les entreprises américaines ont investi 76,8 milliards de dollars en R&D en 2025, bénéficiant de revenus élevés et d'un cycle vertueux où les profits financent l'innovation future. Les entreprises chinoises, bien qu'augmentant leurs dépenses, partent souvent d'une base de revenus plus faible, ce qui limite le montant absolu disponible, même si l'effort relatif est important.
L'article souligne que la compétition technologique ne se résume plus à la seule quantité d'argent investi. À ce niveau, l'efficacité, la concentration des ressources et la qualité de la conversion des résultats de la R&D en produits fiables et compétitifs deviennent primordiales. Les défis pour la Chine incluent le besoin de renforcer les liens entre la recherche fondamentale et l'ingénierie, d'améliorer les processus de validation par les clients et d'éviter la dispersion des investissements. La capacité à supporter des cycles de développement longs et incertains sera un facteur clé pour combler les écarts persistants dans cette industrie complexe et globalisée.
marsbitIl y a 11 mins