Le « malédiction de la Coupe du Monde » existe-t-elle vraiment sur les marchés ?
Le "malédiction de la Coupe du Monde" désigne la tendance des marchés boursiers mondiaux à sous-performer pendant le tournoi. Les données historiques semblent l'étayer : le S&P 500 a affiché un rendement moyen négatif (-1,5% à -2,11%) lors des 19 éditions entre 1950 et 2022, avec 11 baisses. Le marché chinois a chuté dans 71% des cas sur les 7 derniers tournois.
Les causes sont multiples. Des études, comme celle de la BCE en 2010, montrent une baisse d'environ 33% du volume des transactions pendant les matchs, chutant à 55% lorsque l'équipe nationale joue. Une défaite peut entraîner des rendements anormalement négatifs le jour suivant. Cependant, l'effet du Mondial est souvent amplifié par le contexte saisonnier. Les tournois d'été (juin-juillet) coïncident avec la période traditionnellement faible des marchés ("Sell in May and go away"). L'édition 2022 au Qatar, en hiver, a vu un recul moindre des volumes (-18%), suggérant un impact atténué hors de la saison estivale.
Pour le Bitcoin, les mouvements lors des Mondiaux (2010, 2014, 2018, 2022) s'expliquent davantage par des facteurs propres (premières transactions, faillites d'échanges, cycles de réduction de moitié, macroéconomie) que par l'événement sportif.
Les opportunités d'investissement évoluent. Les secteurs classiques comme la télévision traditionnelle voient leurs bénéfices s'éroder face à la montée en puissance des streamers. La bière et les articles de sport restent résilients mais font face à des changements de consommation. De nouvelles tendances émergent, comme les cartes de joueurs tokenisées sur blockchain.
En conclusion, si le Mondial coïncide souvent avec une baisse de liquidité et de performance des marchés, son influence directe est limitée et mêlée à des effets saisonniers. Pour de nombreux investisseurs, suivre la compétition peut simplement être une bonne raison de se détacher temporairement des marchés durant une période moins dynamique.
marsbitIl y a 29 mins