Après la privatisation d'Internet, la Silicon Valley privatise la civilisation humaine
L'article examine la privatisation de la connaissance humaine par les entreprises d'IA, en partant du cas d'Anthropic qui a scanné et détruit des millions de livres pour entraîner son modèle Claude. Il dépasse la question du copyright pour s'interroger sur le contrôle exercé par quelques sociétés privées sur les fondements de la civilisation humaine.
L'analyse montre comment l'idéologie de la Silicon Valley, notamment le techno-optimisme et l'accélérationnisme (e/acc), transforme la croissance technologique en impératif moral, marginalisant les préoccupations éthiques et démocratiques. Des penseurs comme Marc Andreessen, Nick Land ou Peter Thiel sont cités pour illustrer cette vision où le progrès technique, voire l'émergence d'une intelligence supérieure, devient une fin en soi, potentiellement au détriment de l'humanité concrète.
L'article souligne le danger d'une concentration du pouvoir : un petit groupe décide des règles (comme les "constitutions" des modèles) qui façonneront la façon dont des milliards de personnes accèdent au savoir et comprennent le monde. Les livres sont "brûlés" d'une nouvelle manière : leur contenu est absorbé dans des boîtes noires propriétaires, perdant son contexte et son indépendance. La civilisation, transformée en données d'entraînement, devient une capacité interne d'entreprises qui en contrôlent désormais l'interprétation et la diffusion.
Le risque final n'est pas l'oubli, mais une mémoire de la civilisation humainefiltrée et gérée par l'infrastructure cognitive privée de quelques compagnies technologiques.
marsbitIl y a 12 h