L'affaire du piratage de Raydium révèle un nouveau risque pour la DeFi : des anciens contrats oubliés
L'incident de piratage de Raydium, où environ 1,34 million de dollars d'actifs ont été volés via d'anciens pools de marché automatique (AMM) V3 abandonnés, met en lumière un risque négligé dans le DeFi : les contrats intelligents obsolètes mais toujours actifs sur la blockchain.
Ces "contrats zombies", officiellement mis hors service mais techniquement exploitables, constituent une nouvelle catégorie de vulnérabilités liée à la gestion du cycle de vie des contrats. Depuis mars 2025, au moins 8 incidents similaires ont été recensés, causant des pertes d'environ 22,5 millions de dollars.
Le problème vient du fait que les projets se concentrent sur les versions actuelles, négligeant de sécuriser les anciens contrats qui conservent des actifs et restent accessibles. Le contrat V3 de Raydium, par exemple, avait été abandonné suite à l'arrêt de Serum mais n'avait pas été correctement désactivé, permettant aux pirates de contourner ses contrôles obsolètes.
Les plateformes de sécurité classent généralement les incidents par type de faille technique (code, oracle, clés...), masquant ainsi cette faille de gestion. Une étude académique propose pourtant de distinguer clairement les vulnérabilités de gestion du cycle de vie des contrats.
Pour remédier à ce problème, il est crucial de créer une catégorie dédiée aux "contrats zombies" et d'établir un processus standardisé de désactivation sécurisée. Ce processus devrait inclure le retrait des actifs, la révocation des autorisations, la désactivation des fonctions clés et une surveillance continue. Une simple note en documentation est insuffisante et reporte le risque sur les réserves du projet.
La valeur des projets DeFi réside aussi dans leur historique et leur infrastructure passée, qui doivent être sécurisés pour éviter qu'ils ne deviennent une nouvelle cible privilégiée pour les attaquants.
Foresight NewsHier 06:20