Répression des cryptomonnaies qui s'intensifie : Le Canada révoque 47 licences

bitcoinistPublié le 2026-03-20Dernière mise à jour le 2026-03-20

Résumé

Le Canada intensifie sa répression contre le secteur cryptomonnaie. L'agence FINTRAC a révoqué 47 licences d'entreprises de services monétaires liées aux cryptoactifs en 2026, dont 23 annulées en une seule fois cette semaine. Cette action s'inscrit dans une série de sanctions récentes, incluant une amende de 126 millions de dollars à Cryptomus et 14 millions à KuCoin. Le ministre des Finances François-Philippe Champagne a confirmé que le gouvernement renforcerait sa surveillance, citant les risques de blanchiment d'argent et de fraude. Les distributeurs automatiques de cryptomonnaie sont particulièrement ciblés. Bien que les transactions illicites ne représentent qu'environ 1% du volume crypto selon Chainalysis (contre 2-5% pour le système bancaire traditionnel), le Canada applique désormais une tolérance zéro. Les entreprises non conformes ont 30 jours pour faire appel, mais la rigueur réglementaire semble s'installer durablement.

L'autorité de surveillance financière du Canada a infligé une amende de 126 millions de dollars à la plateforme de cryptomonnaie Cryptomus en octobre dernier, après que la société aurait omis de signaler des transactions suspectes à 1 068 reprises distinctes en un seul mois.

Un mois auparavant, l'échange de cryptomonnaies KuCoin avait écopé d'une amende de 14 millions de dollars pour avoir opéré au Canada sans s'enregistrer en tant qu'entreprise de services monétaires étrangère.

Ces deux affaires semblent désormais avoir été des signes avant-coureurs de ce qui allait arriver.

Dans les mois qui ont suivi, le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada — mieux connu sous le nom de FINTRAC — a révoqué 50 enregistrements d'entreprises de services monétaires rien qu'en 2026.

Quarante-sept d'entre eux appartenaient à des entreprises liées aux cryptomonnaies. La dernière série, annoncée lundi, a supprimé 23 enregistrements en une seule fois.

Le ministre des Finances laisse entendre que d'autres actions sont à venir

Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a qualifié le rythme de l'application de la loi de « considérablement accru » et a déclaré que le gouvernement n'avait pas l'intention de ralentir.

« Notre gouvernement continuera de surveiller et de poursuivre de nouvelles mesures pour traiter les risques posés par les entreprises de monnaie virtuelle, telles que les entreprises de services monétaires (ESM) de cryptomonnaies et les distributeurs automatiques de cryptomonnaies, qui peuvent être utilisés pour faciliter le blanchiment d'argent et la fraude », a-t-il déclaré dans un communiqué mardi.

Le FINTRAC a annulé 23 enregistrements d'ESM lundi, selon l'agence.

Toute entreprise qui perd son enregistrement a 30 jours pour demander un réexamen. Certaines pourraient être rétablies. Mais l'ampleur du coup de filet — près de 50 révocations en moins de trois mois — signale un changement dans la manière dont le Canada encadre le secteur des cryptomonnaies.

Le FINTRAC a également déclaré qu'il renforçait l'application de la loi et augmentait la transparence autour des actions de conformité, une mesure qui suggère que l'agence souhaite que ses actions servent de dissuasion publique, et pas seulement de nettoyage réglementaire.

Capitalisation boursière totale des cryptomonnaies actuellement à 2,38 billions de dollars. Graphique : TradingView

Ce que les chiffres disent sur les cryptomonnaies et la criminalité

La répression du Canada intervient à un moment où la relation entre les cryptomonnaies et la finance illicite fait toujours l'objet de vifs débats.

Le Groupe d'action financière (GAFI) estime qu'entre 2 % et 5 % du PIB mondial transite chaque année par des canaux illégaux — presque entièrement par le biais des systèmes bancaires traditionnels.

La firme d'analyse blockchain Chainalysis estime que la part des transactions de cryptomonnaies liées à des activités illicites est inférieure à 1 %.

Ces chiffres ne signifient pas que le secteur des cryptomonnaies est propre. Mais ils soulèvent des questions quant à savoir si le secteur est tenu à une norme plus stricte que les industries financières plus anciennes.

Pour l'instant, le Canada semble déterminé à poursuivre dans sa direction actuelle. Les responsables ont spécifiquement pointé du doigt les distributeurs automatiques de cryptomonnaies comme une préoccupation, suggérant que les futures actions en justice pourraient s'étendre au-delà des plateformes en ligne aux kiosques physiques disséminés à travers le pays.

Les entreprises qui ne sont pas pleinement conformes aux règles d'enregistrement et de déclaration ont des raisons de prendre cet avertissement au sérieux.

Image principale de Unsplash, graphique de TradingView

Questions liées

QQuelle est l'amende infligée à Cryptomus par le régulateur financier canadien en octobre dernier ?

ALe régulateur financier canadien a infligé une amende de 126 millions de dollars à Cryptomus en octobre dernier.

QCombien de licences d'entreprises de services monétaires la FINTRAC a-t-elle révoquées en 2026 ?

ALa FINTRAC a révoqué 50 licences d'entreprises de services monétaires en 2026, dont 47 appartenaient à des entreprises liées à la cryptomonnaie.

QQuel est le principal motif invoqué par le gouvernement canadien pour justifier cette répression des cryptomonnaies ?

ALe gouvernement canadien justifie cette répression par les risques de blanchiment d'argent et de fraude facilités par les entreprises de cryptomonnaies, notamment les MSB et les distributeurs automatiques de crypto.

QQuel pourcentage des transactions cryptographiques est lié à des activités illicites selon Chainalysis ?

ASelon Chainalysis, moins de 1% des transactions cryptographiques sont liées à des activités illicites.

QQuelle mesure la FINTRAC prend-elle pour renforcer son action de conformité ?

ALa FINTRAC renforce l'application de la réglementation et augmente la transparence autour des actions de conformité, afin que ses actions servent de dissuasion publique.

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