Résumé : La reprise des importations indiennes d'argent libère une demande de reconstitution des stocks. Combinée à l'approche de la saison haute et à un allégement des pressions sur les devises, l'amélioration de l'offre et de la demande physique soutient le cours de l'argent.
En août, l'Inde a de nouveau autorisé les importations d'argent, avec environ 89,81 tonnes d'argent entrées via l'India International Bullion Exchange (IIBX), mettant fin à un arrêt des importations qui durait depuis 6 mois. Parallèlement, des permis d'importation pour environ 400 tonnes d'argent ont déjà été approuvés. Bien que le volume des importations soit encore loin d'un retour complet à la normale, l'orientation politique est passée d'un resserrement total à une autorisation progressive, la phase la plus sévère de restrictions administratives sur les importations indiennes d'argent est désormais derrière nous.

En mai dernier, en raison de tensions sur la liquidité en devises et de la dépréciation de la roupie, le gouvernement indien a fortement augmenté les droits de douane sur l'argent importé de 6 % à 15 %, et les importateurs doivent désormais obtenir une autorisation gouvernementale. Cette mesure a immédiatement bloqué les canaux d'importation, entraînant un resserrement de l'offre nationale d'argent et une chute brutale des volumes importés. Les importations indiennes d'argent, qui s'élevaient à 747 tonnes en janvier, étaient tombées à environ 29 tonnes en juin, les stocks nationaux étant rapidement épuisés et la prime des prix locaux par rapport aux cours internationaux s'envolant, atteignant un niveau record sur une moyenne de 30 jours au moins depuis 2019.

Avec l'assouplissement marginal des restrictions à l'importation, la prime sur l'argent en Inde a commencé à se réduire, la prime moyenne sur 30 jours étant retombée à 4 dollars l'once (soit un niveau de prime d'environ 7 %). Cependant, les nouveaux permis nécessitent toujours la fourniture d'un certificat d'origine émis par un organisme officiel, et les négociants doivent en outre passer par les étapes de transport, de douane et de raffinage. Les procédures administratives complexes et les retards de dédouanement logistique continuent de freiner le rythme réel des livraisons. À court terme, l'approvisionnement du marché dépend toujours des stocks existants et de reconstitutions ponctuelles, la pénurie physique sur le marché indien n'étant pas encore résolue de manière substantielle.

Cependant, ce niveau de prime offre une incitation persistante à l'arbitrage pour les négociants mondiaux. Bien que les obstacles administratifs ne soient pas encore levés fondamentalement, les négociants tentent activement d'acheminer de l'argent physique vers le marché indien par divers canaux, anticipant ainsi une nouvelle libéralisation des politiques restrictives.

Le graphique montre que la prime sur l'argent en Inde a fortement augmenté après mai, atteignant des sommets historiques, avant de reculer légèrement en août.
Conclusion de l'article
La demande physique indienne et le début du cycle de reconstitution des stocks constituent un plancher pour le cours de l'argent
L'Inde, étant l'un des marchés de consommation d'argent les plus importants au monde, représente 9 % de la demande mondiale d'argenterie sous toutes ses formes (dont 63 % de la demande mondiale d'argenterie au sens strict). Son approvisionnement en argent dépend fortement des importations. Par conséquent, les changements dans la politique d'importation indienne ne sont pas un simple ajustement politique régional, mais une variable clé de l'offre et de la demande mondiale d'argent.
L'arrêt des importations pendant six mois a épuisé les stocks nationaux, et cette situation de pénurie physique a fourni un soutien solide au plancher du cours de l'argent. Avec l'assouplissement marginal des restrictions à l'importation, la libération progressive de la demande de reconstitution des stocks et l'approche de la saison haute traditionnelle au second semestre, la dynamique entre l'offre et la demande physique d'argent est en train de passer d'une "pénurie extrême" à une "amélioration lente". Le cours de l'argent pourrait ainsi bénéficier d'un nouvel élan haussier, porté par le rattrapage de la demande physique.





