Le 13 août, le chef de la NCCFR (Commission nationale des services financiers), Oleksii Semeniuk, a déclaré que la régulation du marché cryptographique devait protéger les utilisateurs, tout en préservant pour les entreprises les avantages d'une activité légale dans le pays.
« Le marché existe, les Ukrainiens l'utilisent, les entreprises créent des produits. La question est différente : où cette entreprise est-elle juridiquement située, où paie-t-elle ses impôts et à quel point l'utilisateur ukrainien est-il protégé. C'est précisément à cela que la législation doit répondre », a-t-il souligné.
Comme argument, Semeniuk a cité les données de l'Indice mondial d'adoption des cryptomonnaies de l'année dernière par Chainalysis, dans lequel l'Ukraine s'est classée huitième au classement principal et première après ajustement des indicateurs en fonction de la population.
De juillet 2024 à juin 2025, le volume des actifs numériques reçus en Ukraine a été estimé par les analystes à 206,3 milliards de dollars. En un an, cet indicateur a augmenté de 52 %.
Selon Semeniuk, la légalisation doit permettre aux Ukrainiens d'utiliser les services de fournisseurs autorisés, et aux entreprises de travailler à l'intérieur du pays selon des règles claires. Il s'agit notamment de l'achat, de la vente et de l'échange de cryptomonnaies, du stockage et du staking.
« Pour l'individu, le résultat de la réforme doit être très concret : il doit savoir qui lui fournit le service, si cette entreprise est autorisée, quelles règles elle est tenue de respecter et où s'adresser en cas de violation de ses droits », a déclaré le chef de la NCCFR.
Un autre domaine que Semeniuk a mentionné est la tokenisation d'actifs réels (RWA). Selon lui, la technologie du registre distribué permettra à terme de créer de nouveaux produits d'investissement et des modèles de levée de capitaux.
« L'objectif stratégique est beaucoup plus large que la simple légalisation des cryptomonnaies. Nous parlons de la possibilité de combiner les technologies des actifs virtuels avec le marché financier traditionnel. La tokenisation, les RWA, les nouveaux produits d'investissement – cela fait déjà partie du développement mondial du système financier », a-t-il souligné.
Une problématique distincte demeure l'interaction des entreprises cryptographiques avec les banques et les infrastructures de paiement. Semeniuk a noté que l'adoption d'une loi ne résoudrait pas le problème en soi, mais qu'une coopération à part entière était impossible sans un statut juridique du marché.
Le chef de la NCCFR a également appelé à trouver un équilibre entre la protection des utilisateurs et la compétitivité de la juridiction ukrainienne.
« Une approche trop laxiste crée des risques pour les personnes. Une régulation excessive pousse les entreprises à l'étranger. Nous avons besoin d'un marché où l'on peut travailler légalement, investir, lancer des produits – et en même temps être protégé », a-t-il conclu.
Rappelons qu'en septembre 2025, la Rada suprême d'Ukraine a approuvé en première lecture le projet de loi n° 10225-d « Sur les marchés des actifs virtuels ». Le document doit définir le statut et l'ordre de fiscalisation des crypto-actifs dans le pays.





