La voix la plus célèbre de « Cassandre » de Wall Street s'attaque cette fois à NVIDIA
Une récente divulgation de l’investisseur Michael Burry, connu pour avoir prédit la crise des subprimes et immortalisé dans « The Big Short », a relancé les débats sur le marché. Fin juin, il a annoncé avoir pris des positions à découvert sur plusieurs valeurs technologiques, dont Nvidia (à un prix d’entrée de 198,09 $), Tesla, Applied Materials, Caterpillar et l’ETF SOXX (semiconducteurs). Le 1er juillet, il a ajouté Micron à sa liste, avant d’augmenter fin juillet ses positions sur Nvidia, Micron et SOXX.
Ses arguments portent principalement sur les pratiques comptables dans le secteur de l’IA : selon lui, la durée d’amortissement des puces (étirée à 6 ans par les géants du cloud comme Microsoft ou Google) ne reflète pas leur obsolescence rapide (2-3 ans), ce qui gonflerait artificiellement les profits. Il évoque également des risques de « financement circulaire hors bilan », où Nvidia pourrait garantir des prêts à des clients pour qu’ils achètent ses propres puces, créant ainsi une demande artificielle. Enfin, il critique les rachats d’actions de Nvidia, accusés de doper artificiellement le bénéfice par action – une affirmation que la société a contestée en soulignant des erreurs de calcul.
Les réactions sont partagées. D’un côté, des voix comme Steve Eisman (autre figure de « The Big Short ») restent prudentes mais ne suivent pas la position découverte, notant la croissance soutenue des revenus et des investissements en IA. De l’autre, Jim Chanos, célèbre vendeur à découvert, partage l’inquiétude sur les écarts comptables mais préfère cibler d’autres acteurs financiers plutôt que les fabricants de puces.
Historiquement, les appels de Burry ont connu des succès mitigés : corrects sur des crises structurelles (subprimes, COVID), mais souvent prématurés ou erronés sur des arguments de valorisation (Tesla, Nvidia en 2023). Aujourd’hui, les positions à découvert sur Nvidia restent marginales (environ 1,4 % des actions en circulation), même si les pertes cumulées des vendeurs à découvert sur la valeur dépassent 5 milliards de dollars.
Pour les investisseurs, l’intérêt réside moins dans le suivi des positions de Burry que dans la méthodologie sous-jacente : scruter les flux de trésorerie, questionner les traitements comptables agressifs et identifier les risques structurels, surtout quand le marché semble euphorique. La question centrale n’est pas de savoir si Burry a raison cette fois, mais plutôt quels enseignements tirer de son analyse pour évaluer la solidité réelle de la bulle présumée de l’IA.
marsbitIl y a 11 mins