Après l'introduction en bourse, SpaceX émet une énorme quantité de dettes et "énerve" le marché, subissant une vente massive
Après son introduction en bourse record, SpaceX a lancé une émission obligataire massive de 25 milliards de dollars, qui s’est heurtée à de violentes ventes sur le marché secondaire. Les obligations de la société, pourtant notées investment grade (Baa1/BBB), ont vu leurs écarts de rendement (spreads) par rapport aux Treasuries s’élargir brutalement, frôlant les niveaux du marché des high-yield (« junk bonds »). En 48 heures, la perte comptable approchait les 400 millions de dollars.
Cette chute rapide a surpris les acteurs du marché. Malgré une souscription initiale jugée « ardente » à près de 90 milliards de dollars, la demande provenait largement d’investisseurs cherchant un gain rapide (« fast money »), qui ont revendu dès l’admission aux transactions. Les spreads des obligations à long terme (2046, 2056) ont dépassé les 190 points de base, surpassant la moyenne des obligations notées BB.
Plusieurs facteurs expliquent cette défiance des créanciers : les pertes nettes importantes de SpaceX (4,9 milliards de dollars en 2025 malgré un chiffre d’affaires de 18,7 milliards), une dépendance excessive à la personne d’Elon Musk – identifiée comme un « facteur limitant » clé par les agences de notation –, et une gouvernance perçue comme faible.
Ce revers intervient dans un contexte d’afflux massif d’émissions obligataires du secteur technologique, portées par les financements des projets d’intelligence artificielle. Le levier financier agrégé des géants technologiques a doublé en quelques trimestres. Les analystes alertent sur les risques de saturation du marché, qui pourrait contraindre les cycles d’investissement futurs si les spreads continuent de se dégrader.
marsbitIl y a 13 mins