Rédaction: Mameng Niu, Deep Tide TechFlow
Le lundi matin a débuté par un effondrement des cryptomonnaies.
Le Bitcoin est tombé en dessous de 93 000 dollars, avec 864 millions de dollars de liquidations sur 24 heures, une saveur bien connue.
Pendant ce temps, l'or et l'argent atteignaient des sommets historiques.
Le véritable "coupable" est peut-être encore notre vieil ami: l'obsession de Trump pour le Groenland, et la guerre tarifaire sans précédent qui en a découlé avec les alliés européens.
Hier encore, Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 10% à huit pays européens, le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande, et de porter ce taux à 25% en juin si un accord d'achat du Groenland n'était pas conclu.
Nous nous sommes habitués aux menaces tarifaires de Trump contre la Chine, le Mexique, voire d'autres partenaires commerciaux. Mais utiliser des armes économiques contre des alliés de l'OTAN ? C'est relativement rare dans l'histoire des relations internationales d'après-guerre. Lorsque ces pays européens ont envoyé des troupes au Groenland pour participer à l'exercice "Arctic Endurance" dirigé par le Danemark, Trump l'a interprété comme une provocation envers les États-Unis et a immédiatement brandi la menace tarifaire.
La réaction de l'Europe est tout aussi sans précédent. Huit pays ont rapidement publié une déclaration conjointe, avertissant que les menaces tarifaires de Trump "sapent les relations transatlantiques et risquent une spirale descendante dangereuse".
Plus important encore, le président français Emmanuel Macron pousse l'UE à activer ce qu'on appelle l'"instrument anti-coercition", l'arme commerciale la plus puissante de l'UE, adoptée en 2023 mais jamais utilisée. L'UE envisage d'imposer des droits de douane de rétorsion sur 93 milliards d'euros de marchandises américaines, des droits qui étaient déjà prêts l'année dernière mais suspendus en raison d'un accord commercial.
L'effondrement du Bitcoin devient alors compréhensible.
Après avoir été domestiqué par Trump et Wall Street, le Bitcoin reste essentiellement un "actif américain", dépendant de la stabilité du système dollar et de la liquidité des marchés financiers américains.
Lorsque les États-Unis entrent en conflit fondamental avec leurs alliés traditionnels, le Bitcoin perd son attrait "mondial" et "décentralisé". Rappelez-vous le krach éclair du 11 octobre, lorsque Trump avait menacé d'imposer des droits de douane supplémentaires de 100% sur les produits chinois : le Bitcoin avait chuté de 12 000 dollars en quelques minutes.
En contraste frappant, la performance de l'or et de l'argent reflète un pari sur un monde "désaméricanisé".
Un détail clé : l'accord commercial conclu l'été dernier entre les États-Unis et l'UE, qui portait les droits de douane sur les produits européens à 15% tout en réduisant à zéro ceux sur les produits industriels américains, avait été critiqué comme un "moment d'humiliation pour l'Europe". La nouvelle menace tarifaire de Trump prouve que le compromis n'apporte pas une paix durable, mais peut au contraire encourager davantage de chantage.
Cela amène les banques centrales et les investisseurs du monde entier à prendre conscience d'un problème fondamental : dans un monde multipolaire plein d'incertitudes, seuls des actifs "apatrides" comme l'or peuvent offrir une véritable sécurité.
Nous assistons à un tournant historique. L'"ordre international libéral" établi après la guerre froide s'effondre, remplacé par un nouveau monde dominé par le nationalisme économique. Dans ce nouveau monde, les alliances deviennent fragiles, le commerce devient une arme, et les véritables "actifs refuges" ne sont plus ces investissements dépendants d'un pays ou d'un système spécifique, mais plutôt les actifs physiques capables de traverser différentes entités politiques et zones monétaires, typiquement les ressources, l'or, l'argent, le cuivre, l'aluminium.
Du point de vue du Bitcoin et des cryptomonnaies, une révolution interne est peut-être nécessaire, pour se libérer de l'attraction de Trump et du dollar, et lancer une vague de désaméricanisation, afin que le Bitcoin ne soit pas seulement un actif libellé en dollars, mais un actif décentralisé au service de l'humanité tout entière.







