Le yen à un plus bas de 40 ans, comment le Japon va-t-il fixer le prix des vendeurs à découvert ?
Le yen japonais a atteint un niveau proche de son plus bas en 40 ans face au dollar, approchant 164. La ministre des Finances, Shunichi Suzuki, a averti d'une action "audacieuse" contre les fluctuations désordonnées. La zone 163-165 est devenue une bande de test pour la politique japonaise.
La faiblesse du yen, visible également sur le taux de change effectif (indicateur large), exacerbe l'inflation importée, notamment via le pétrole brut. Cela pourrait inciter la Banque du Japon (BoJ) à relever les taux plus tôt que prévu.
Le ministère des Finances utilise d'abord des interventions verbales pour renchérir le coût des paris contre le yen. Une intervention directe sur le marché des changes, coûteuse en réserves, n'est pas encore confirmée pour juillet.
Deux leviers plus lents mais potentiellement plus durables sont à l'œuvre : les anticipations de hausse des taux de la BoJ, qui réduisent l'attrait du "carry trade" (emprunt en yen à bas coût), et les discussions sur un rééquilibrage des actifs du Fonds de pension public (GPIF) vers les actifs nationaux, ce qui pourrait soutenir le yen.
Le principal risque pour les investisseurs engagés dans le "carry trade" n'est pas un effondrement immédiat, mais une hausse soudaine de la volatilité du yen qui pourrait déclencher des rachats forcés. Pour l'instant, la transaction reste valable, mais sa marge de sécurité se réduit face aux risques politiques, pétroliers et de taux. Le yen devient un facteur clé du coût du levier pour les actifs risqués mondiaux.
marsbitHier 08:21