Auteur: SOL Incompréhensible
Les gars, une nouvelle qui fait froid dans le dos.
Le volume des options d'achat (call) sur le S&P 500 a atteint hier 2 600 milliards de dollars.
Qu'est-ce que ça représente ?
Jamais dans l'histoire de la bourse américaine un chiffre quotidien n'a été aussi élevé.
01) Les particuliers se ruent sur les options, les teneurs de marché sont obligés d'acheter des actions
Ces 2 600 milliards ne sont pas de l'argent réel investi en actions.
En réalité, les particuliers et les traders se ruent sur les options d'achat.
C'est quoi une option d'achat ?
Parier à moindre coût sur la hausse d'un cours, multiplier sa mise en cas de gain, tout perdre en cas d'échec.
Aujourd'hui, le marché américain atteint chaque jour de nouveaux sommets, tout le monde pense qu'il va continuer à monter, alors on achète frénétiquement.
Mais il y a un problème : qui vous vend ces options ?
Les teneurs de marché (market makers).
Les teneurs de marché ne sont pas idiots, ils vous vendent une option mais doivent assumer le risque de hausse du cours.
Pour se couvrir, ils doivent acheter les actions correspondantes.
Vous achetez pour 1 dollar d'options, lui devra peut-être acheter pour 100 dollars d'actions pour se couvrir.
Donc, derrière un achat d'options de 2 600 milliards, il y a un volume astronomique d'achats d'actions.
Ce n'est pas la confiance des investisseurs dans les entreprises, c'est le marché des options qui force les teneurs de marché à acheter des actions.
02) Le « Gamma Squeeze »
Le mécanisme derrière cela s'appelle le « Gamma Squeeze » (effet gamma).
Plus le cours monte, plus le risque des options détenues par le teneur de marché augmente.
Il doit acheter encore plus d'actions pour se couvrir.
Plus il achète, plus le cours monte violemment.
Plus le cours monte violemment, plus il doit acheter.
Cercle vicieux, le marché est propulsé vers les sommets.
C'est la réalité derrière les nouveaux records quotidiens du S&P ces derniers temps.
Ce n'est pas que les résultats des entreprises soient excellents, ni que l'économie soit très forte.
C'est la demande d'achat sur le marché des options qui tire l'indice vers le haut.
Mais ce cercle peut-il tourner indéfiniment ?
Non.
Les options ont une date d'expiration.
À l'échéance, ceux qui ont parié sur la hausse devront clôturer leurs positions, et les teneurs de marché aussi.
À ce moment-là, la force d'achat d'actions d'avant se transformera en force de vente.
Et avec la même intensité.
Autant elle a été violente à la hausse, autant elle le sera à la baisse.
03) Le marché actuel, ce n'est pas de la valorisation, c'est du jeu
Actuellement, le S&P 500 n'est absolument pas valorisé par les investisseurs.
C'est quoi la valorisation ?
Regarder combien une entreprise gagne, son taux de croissance, la solidité de son avantage concurrentiel, puis lui attribuer un prix raisonnable.
Et maintenant ?
Personne ne se soucie de ce que gagnent les entreprises.
Tout le monde parie juste si le cours montera demain.
Le volume record des options d'achat prouve que le marché s'est transformé en casino.
Les particuliers jouent, les institutions jouent, les hedge funds jouent aussi.
2 600 milliards d'achats d'options, c'est 2 600 milliards de mises.
Plus les mises sont grosses, plus le marché devient fou.
Plus le marché devient fou, plus il y a de joueurs.
En quoi est-ce différent du marché haussier à effet de levier du marché chinois en 2015 ?
Pas de différence.
C'est l'argent qui pousse, pas la valeur.
L'argent peut faire monter, mais il peut aussi faire s'effondrer.
04) Quand cette bombe explosera-t-elle ?
Personne ne sait.
Mais tous les marchés poussés par les options ont fini par s'effondrer.
GameStop en 2021, le gamma squeeze a fait passer le cours de 20 à 480 dollars, puis il est retombé à 40.
Tesla en 2020, la frénésie des options a propulsé sa valorisation jusqu'au ciel, puis elle a été divisée par deux, puis encore par deux.
L'histoire ne se répète pas, mais elle rime.
Le S&P 500 actuel, c'est GameStop multiplié par cent.
Le jour où ces options de 2 600 milliards arriveront à échéance, ou où les capitaux se retireront massivement, ce sera le jour où la bombe explosera.
Et quand elle explosera, personne ne vous préviendra à l'avance.
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Les gars, je ne suis pas baissier sur le marché américain.
Au contraire, je suis optimiste à long terme, il y a de bonnes entreprises, une vraie croissance, des technologies solides.
Mais le marché actuel n'a plus rien à voir avec les fondamentaux des entreprises.
Je tiens à prévenir les gars qui sont à effet de levier, qui empruntent, ou qui achètent à la suite sans trésorerie.
Quand ça monte, la dynamite vous propulse au ciel.
Quand ça baisse, la dynamite vous envoie sous terre.
Si vous êtes à bord, ne demandez pas quand ça explosera.
Demandez-vous si vous serez encore à bord quand ça explosera.








