La dernière thèse haussière de Michael Saylor fait face à son véritable test.
D'un point de vue macro, cependant, son opinion sur le Bitcoin [BTC] ne semble pas farfelue. L'idée que le cycle traditionnel de quatre ans du BTC est "mort" a en réalité du poids.
Techniquement parlant, le halving de 2024 n'a pas produit le rallye post-halving observé lors des cycles précédents, perturbant le récit habituel sur l'offre.
Cela nous amène naturellement à l'angle du crédit numérique. Michael Saylor a soutenu dans son post que la crédibilité du Bitcoin dépend de plus en plus de la DeFi alors que les institutions TradFi intègrent le BTC en tant qu'actif numérique et façonnent son évolution future.
En termes simples, plutôt que de fonctionner comme un actif spéculatif, le Bitcoin se positionne progressivement comme un instrument de crédit au sein des systèmes financiers institutionnels.
Le timing du tweet est également notable. Sur le plan macro, la volatilité est toujours bien présente. L'avertissement du président américain Donald Trump à l'Iran pour ouvrir le détroit d'Ormuz devrait expirer lundi à 10h05 heure de l'Est.
Plus important encore, cela se produit environ 35 minutes après la réouverture des marchés américains suivant le week-end de trois jours.
En fait, les analystes prévoient désormais une séance très mouvementée, l'incertitude géopolitique étant susceptible de provoquer des mouvements brusques sur les actifs risqués, y compris le Bitcoin.
Dans ce contexte, le post de Michael Saylor commence à avoir plus de sens, surtout alors qu'il soutient que l'adoption institutionnelle pilotera la prochaine phase du Bitcoin. Cela soulève naturellement la question plus large : La thèse "le Bitcoin a gagné" de Saylor va-t-elle réellement se concrétiser ?
Le Bitcoin a-t-il mûri en DeFi ?
Pour que le Bitcoin mûrisse véritablement en crédit numérique, il doit faire preuve de résilience face aux FUD macro. Cependant, l'action des prix récente suggère que le marché n'a pas encore pleinement atteint ce stade.
L'incertitude macro a déjà fait chuter le BTC de près de 32% depuis son pic annuel à 97k $, renforçant à quel point les conditions de liquidité externes façonnent encore fortement le comportement des prix. Plus important encore, cette tendance est désormais également visible on-chain.
Au niveau micro, les frais de transaction du Bitcoin sont tombés à 2,5 BTC par jour, le niveau le plus bas depuis 2011.
Étant donné que les frais agissent comme un signal direct de l'activité du réseau, leur baisse indique une demande plus faible, une pression transactionnelle réduite et une participation en baisse. Par ailleurs, la conviction off-chain ne semble pas non plus forte.
Selon les données de CryptoQuant, la pression de vente institutionnelle continue de persister alors que l'Indice de Prime Coinbase (CPI) reste en territoire négatif, signalant une vente persistante des flux institutionnels basés aux États-Unis.
En fait, le seul répit bref dans cette pression est apparu lorsque le Bitcoin a retesté le niveau des 75 000 $.
Parallèlement, le Changement Net de Position des Détenteurs à Court Terme (à la fois sur les lectures quotidiennes et sur la tendance des 90 jours) montre une distribution, indiquant que les STH continuent de remettre du Bitcoin sur le marché plutôt que d'accumuler.
Pris ensemble, la chute des frais, la faible accumulation et la capitulation continue, parallèlement à la correction de 22% du Bitcoin au T1 et une baisse supplémentaire de 2,04% jusqu'à présent en avril, montrent que le BTC n'a pas été pleinement isolé du risque macro.
Cela, à son tour, place la thèse plus large de Michael Saylor sous un véritable examen du marché.
Résumé Final
- Le récit institutionnel du Bitcoin gagne du terrain, mais la volatilité macro continue de dominer l'action des prix.
- Une faible activité on-chain et une distribution continue suggèrent que le BTC se comporte toujours comme un actif risqué plutôt que comme un système de crédit numérique pleinement mature, remettant en cause la thèse "le Bitcoin a gagné" de Saylor.









