Si l'adoption de la blockchain par la Depository Trust & Clearing Company (DTCC) américaine signifie que le système financier américain est en train de remodeler ses « infrastructures », les dernières nouvelles des régulateurs américains visent quant à elles à éliminer systématiquement les « frictions institutionnelles ».
Au cours des 24 dernières heures, le marché cryptographique américain a connu deux développements majeurs susceptibles d'influencer son paysage :
- Renforcement de la certitude réglementaire : Michael Selig a officiellement prêté serment en tant que président de la CFTC et a déclaré que le Congrès était prêt à soumettre le projet de loi sur la structure du marché des cryptomonnaies au bureau du président.
- Réduction des coûts de transaction : Des parlementaires bipartites américains ont rédigé un nouveau projet de loi proposant d'exempter de l'impôt sur les plus-values certains paiements en stablecoins et permettant de reporter la déclaration des revenus de staking de 5 ans.
Il ne s'agit pas seulement de bonnes nouvelles isolées. En les associant à l'annonce précédente concernant l'approbation du projet pilote de la DTCC, on constate que les États-Unis sont en train de construire une boucle de conformité complète, allant de l'infrastructure aux scénarios d'application.
« Transfert » du pouvoir réglementaire
Depuis longtemps, l'une des principales difficultés pour les entreprises du secteur cryptographique aux États-Unis était l'incertitude des règles réglementaires. La « guerre des territoires » entre la SEC et la CFTC rendait les acteurs du marché perplexes.
Mais avec l'arrivée officielle de Michael Selig à la tête de la CFTC, cette situation a connu un tournant substantiel. Après sa prise de fonction, il a clairement indiqué qu'il œuvrerait à légiférer sur la structure du marché des cryptomonnaies.
Il ne s'agit pas d'une action unilatérale de la CFTC, mais d'une coordination tacite avec la SEC. Le mois dernier, le président de la SEC, Paul Atkins, a proposé une « structure de classification à quatre niveaux », excluant explicitement les actifs numériques comme le Bitcoin et l'Ethereum de la catégorie des titres.
Désormais, l'engagement législatif de la CFTC vise précisément à récupérer cette partie de compétence cédée par la SEC.
Avec l'avancement de la législation au Congrès, la logique réglementaire passera d'une « approche axée sur l'application par la SEC » à une « approche axée sur la législation par la CFTC », mettant fin à l'état de chaos caractérisé par les « luttes de pouvoir entre régulateurs » et l'« application opaque des règles ».
Proposition bipartite
Si la CFTC résout le problème du cadre de conformité, le nouveau projet de loi fiscal en cours de rédige s'attaque quant à lui aux points sensibles de la mise en œuvre pratique.
Bien que ce projet de loi en soit encore au stade de l'ébauche, les deux propositions centrales divulguées démontrent déjà la détermination des législateurs à lever les obstacles aux paiements :
- Proposition d'exemption fiscale pour les petits paiements
Dans le cadre de la législation fiscale actuelle, l'utilisation d'actifs cryptographiques pour effectuer des paiements peut déclencher une obligation de déclaration d'impôt sur les plus-values, ce qui augmente considérablement les coûts de conformité dans les scénarios de paiement. Le nouveau projet propose d'exempter de l'impôt sur les plus-values certains paiements effectués en stablecoins.
Si cette disposition est finalement adoptée, elle éliminera institutionnellement les frictions liées aux paiements cryptographiques, leur permettant de circuler véritablement en tant que « monnaie » et non plus simplement en tant qu'« actif » dans les activités commerciales.
- Proposition de report de la déclaration des revenus de staking
Auparavant, les revenus du Staking généraient une obligation fiscale dès leur réception. Le nouveau projet prévoit de permettre la déclaration des revenus avec un report de 5 ans. L'objectif est de réduire la pression sur la trésorerie des détenteurs et d'encourager fiscalement la détention à long terme.
Bien qu'il reste un long chemin entre l'« ébauche » et la « loi », cela représente un changement d'orientation majeur à Washington : ils commencent à réfléchir, d'un point de vue fiscal, à comment rendre les actifs cryptographiques « faciles à utiliser », et pas seulement « faciles à réguler ».
« Vue d'ensemble » de la stratégie cryptographique américaine
En reliant les dynamiques réglementaires récentes, un puzzle clair est en train d'émerger :
- Couche infrastructure : La DTCC adopte la blockchain, le système de règlement commence à tester l'acceptation d'actifs tokenisés.
- Couche réglementaire : La CFTC pousse à la législation, s'efforçant de clarifier les règles de transaction et les limites de la réglementation.
- Couche application : Les propositions fiscales suivent, tentant de réduire les frictions liées aux coûts des paiements et de la détention.
Cette série d'actions indique que les États-Unis tentent systématiquement, à divers niveaux – technologique, juridique, fiscal – d'éliminer les obstacles.
Le « coup de pistolet » de l'adoption à grande échelle
Lorsque l'infrastructure backend est connectée, les règles sont claires et les frictions fiscales potentielles sont supprimées, l'adoption à grande échelle des actifs cryptographiques n'est plus une vision lointaine, mais une réalité dotée d'une base institutionnelle.
Si l'adoption de la blockchain par la DTCC est le « tranquillisant » pour les institutions financières, alors l'avancée des propositions fiscales est « l'anticipation du laissez-passer » pour les applications commerciales.
À l'avenir, le monde cryptographique pourrait s'intégrer véritablement au fonctionnement du système financier mondial d'une manière plus conforme et avec moins de frictions.
*Ce contenu est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Le marché comporte des risques, tout investissement nécessite de la prudence.







