Circle a répondu aux récentes critiques concernant sa gestion des flux de fonds illicites. L'entreprise affirme qu'elle ne peut pas geler des actifs sans autorisation légale, suite aux examens liés à l'exploit du protocole Drift.
Dans un article de blog publié le 10 avril, la société a déclaré que sa capacité à geler l'USDC n'est « pas discrétionnaire », mais dépend plutôt d'ordres légaux des autorités compétentes.
Cette déclaration intervient quelques jours après qu'un rapport on-chain ait allégué plus de 420 millions de dollars de manquements en matière de conformité liés à des gels retardés ou absents.
« Le gel est une obligation légale, pas un outil discrétionnaire »
Circle a rejeté l'idée qu'elle puisse agir unilatéralement pour bloquer des fonds, affirmant que l'USDC opère dans le cadre des réglementations américaines et européennes.
Selon l'entreprise, le gel des actifs nécessite une procédure légale formelle. De plus, agir en dehors de ces contraintes pourrait compromettre les droits de propriété et la vie privée financière.
Cette distinction est au cœur de sa réponse : bien que la technologie permette le blacklisting, Circle soutient que la décision d'agir doit venir des forces de l'ordre ou des tribunaux, et non de l'émetteur lui-même.
L'exploit de Drift a mis en lumière les temps de réponse
Cette clarification fait suite aux critiques liées à l'exploit du protocole Drift du 1er avril, au cours duquel plus de 270 millions de dollars auraient été drainés.
Des rapports ont affirmé que plus de 230 millions de dollars en USDC ont été bridgés entre différentes chaînes pendant l'incident sans être gelés. Cet événement a soulevé des questions sur la rapidité avec laquelle les émetteurs peuvent réagir dans des scénarios d'exploit à évolution rapide.
Le rapport a également cité des incidents passés — notamment Cetus, Mango Markets et Nomad — où les fonds liés à l'USDC auraient été gelés tardivement ou pas du tout.
La réponse de Circle n'aborde pas directement des cas spécifiques. Au lieu de cela, elle recadre le problème comme une contrainte légale plutôt qu'un échec opérationnel.
Un écart entre la technologie et la loi
Un thème clé de la déclaration de Circle est ce qu'elle décrit comme un décalage entre la vitesse de l'activité blockchain et le rythme des processus juridiques.
Bien que des outils existent pour intervenir rapidement, l'entreprise soutient que les cadres réglementaires actuels ne permettent pas une action rapide et coordonnée sans procédure légale.
Cela, dit-elle, crée un écart structurel qui peut être exploité par les acteurs malveillants déplaçant des fonds entre les chaînes en temps réel.
L'élan politique prend de l'ampleur
Circle a explicitement lié la question aux efforts réglementaires en cours aux États-Unis, y compris la loi GENIUS et la loi CLARITY.
La société a appelé à des cadres juridiques mis à jour qui permettraient une intervention plus rapide tout en préservant la procédure légale, la vie privée et les droits de propriété.
Le timing est notable. Des signaux récents de responsables américains, ainsi qu'un rapport de la Maison Blanche remettant en cause les restrictions sur le rendement des stablecoins, suggèrent un alignement croissant au sein de l'exécutif sur la politique des actifs numériques.
Résumé final
- Circle déclare qu'elle ne peut pas geler l'USDC sans ordres légaux, répondant aux critiques suite à l'exploit de Drift.
- La société appelle à des cadres juridiques plus rapides, liant les défis d'application aux efforts réglementaires américains en cours.






