Des conseillers liés au Conseil de la Paix du président américain Donald Trump explorent l'idée d'un stablecoin indexé sur le dollar pour Gaza dans le cadre des discussions sur la reconstruction post-conflit.
Cette proposition met en lumière à la fois l'attrait et les risques de l'extension de la monnaie numérique libellée en dollars dans des économies fragiles.
Les discussions ont été rapportées pour la première fois par le Financial Times. Il s'agirait d'émettre un stablecoin géré par des acteurs privés et adossé 1:1 au dollar américain pour faciliter les paiements d'aide, les salaires, les transferts de fonds et le commerce quotidien à Gaza, où une grande partie des infrastructures bancaires traditionnelles a été détruite après plus d'un an de guerre.
L'idée en est encore à un stade préliminaire et exploratoire, et aucune proposition formelle n'a été soumise à l'administration américaine.
Selon le FT, le concept a été présenté par l'entrepreneur technologique israélien Liran Tancman, conseiller bénévole du Conseil de la Paix lié à Trump, présidé par Jared Kushner.
Le stablecoin ne remplacerait pas une monnaie palestinienne mais fonctionnerait comme un système de paiement complémentaire. Les transactions seraient traçables et conformes aux règles américaines de lutte contre le blanchiment d'argent.
Une solution numérique pour un système bancaire défaillant
Les partisans de la proposition la présentent comme une réponse pragmatique aux réalités de Gaza : disponibilité limitée de liquidités, banques endommagées et nécessité de paiements rapides et à faible coût pour distribuer l'aide et les salaires.
D'un point de vue technique, un stablecoin adossé au dollar pourrait permettre un règlement immédiat et réduire la dépendance à l'argent physique. Des modèles similaires se sont déjà implantés dans certaines régions du monde en développement où l'accès aux services bancaires est limité.
Dépendance structurelle et exposition aux sanctions
Dans le même temps, la proposition souligne la domination des stablecoins adossés au dollar.
Des jetons tels que USDT et USDC représentent déjà plus de 70 % du marché mondial des stablecoins, étendant efficacement l'influence monétaire américaine au-delà de ses frontières par le biais d'émetteurs privés.
Intégrer directement une économie d'après-guerre dans un système de stablecoin en dollars américains renforcerait, par conception, la dépendance à la tolérance réglementaire américaine.
Toute future mesure de sanction ou d'application de la loi pourrait perturber les rachats ou les transactions, créant un point de défaillance unique pour les flux d'aide et le commerce. Bien que ce risque existe dans l'ensemble du secteur des stablecoins, il devient plus aigu sur un territoire disposant d'alternatives limitées.
Une image à gérer dans un contexte d'expansion crypto liée à Trump
Le timing de ces discussions les place également dans un contexte d'implication croissante des personnalités liées à Trump dans la cryptosphère.
Trump lui-même a adopté les actifs numériques plus ouvertement que lors de son premier mandat, et des entités associées à sa famille ont lancé des projets de stablecoins adossés au dollar.
Le FT note qu'il n'existe aucun lien direct entre ces entreprises et la proposition pour Gaza, et aucun n'a été divulgué.
Néanmoins, ce chevauchement souligne comment l'influence politique, l'émission privée de stablecoins et les débats sur la reconstruction post-conflit s'entrecroisent de plus en plus.
Une idée à un stade précoce, des implications plus larges
Pour l'instant, la proposition reste conceptuelle. Une approbation réglementaire serait nécessaire, et il n'est pas clair si le plan progressera ou obtiendra un soutien politique plus large.
Cependant, les discussions illustrent que les stablecoins ne sont plus seulement des instruments de trading mais aussi des outils envisagés pour la reconstruction économique à l'échelle d'un territoire.
Résumé final
- Un stablecoin adossé au dollar pourrait faciliter les paiements à Gaza mais ancrerait une dépendance monétaire envers les États-Unis dans une économie d'après-guerre.
- La proposition reflète la façon dont les stablecoins façonnent de plus en plus les débats sur la géopolitique et la reconstruction, même avant toute adoption formelle.





