La menace de l'informatique quantique se rapproche, les cryptomonnaies pourraient être les premières exposées avant les banques
L'informatique quantique représente une menace potentielle pour tous les systèmes cryptographiques, des banques aux réseaux gouvernementaux. Toutefois, en raison de sa nature décentralisée et de son registre public, la cryptomonnaie pourrait être la première technologie réellement mise à l'épreuve, telle « un canari dans une mine de charbon ». Des experts estiment qu'un ordinateur quantique capable d'exécuter l'algorithme de Shor pour casser la cryptographie à courbe elliptique (comme ECDSA) pourrait apparaître vers 2029, une estimation avancée par des progrès récents en matériel et algorithmes.
Le risque principal pour des blockchains comme Bitcoin ne réside pas tant dans la cryptographie elle-même, que dans la lenteur de leurs processus de gouvernance décentralisés. Contrairement aux institutions financières traditionnelles qui peuvent migrer rapidement vers des standards post-quantiques, les blockchains publiques nécessitent un large consensus parmi des millions de participants anonymes pour toute mise à niveau majeure. Des recherches montrent que même dans des conditions idéales, la migration sécurisée de toutes les transactions existantes (UTXO) nécessiterait au minimum 76 jours de traitement, sans compter le temps pour parvenir à un accord communautaire.
Par ailleurs, la menace ne doit pas être vue comme un événement binaire (le « Q-Day »). Dès qu'un ordinateur quantique aura une capacité suffisante pour déchiffrer une clé privée avant que les actifs correspondants ne perdent leur valeur (en quelques mois plutôt qu'en temps réel), le risque devient concret. Environ un tiers des bitcoins, dont la clé publique est déjà exposée sur la chaîne, sont ainsi vulnérables à une « attaque statique ».
La cryptomonnaie sert donc de système d'alerte précoce. Si elle venait à être compromise, elle révélerait une vulnérabilité partagée par l'ensemble des infrastructures financières mondiales, tout en mettant en lumière le défi que la décentralisation pose pour une adaptation coordonnée et rapide à une menace technologique existentielle.
marsbitIl y a 1 h